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Coronavirus en France: pour le Dr Gilles Pialoux, les derniers chiffres sont "alarmants"

Le chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon est revenu sur les dernières données épidémiologiques communiquées vendredi par Santé Publique France.

"On est assez préoccupés". Gilles Pialoux ne cache pas son inquiétude. Invité ce vendredi soir sur le plateau de BFMTV, l'infectiologue a réagi aux derniers chiffres communiqués par Santé Publique France.

Des chiffres loin d'être rassurants et ce, y compris dans les hôpitaux franciliens, qui font face à de nouveaux malades du Covid-19.

"On sait qu'il va y avoir jusqu'à fin octobre une situation très difficile dans les services hospitaliers dont le mien", confie le chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon.

Vendredi soir, l'organisme de santé publique annonçait plus de 13.000 nouveaux cas de coronavirus et 123 décès dans les hôpitaux ces dernières 24 heures. Autres chiffres alarmants: 850 nouvelles hospitalisations et 100 nouvelles admissions dans les services de réanimation en France. Une tendance qui annonce des semaines éprouvantes pour les établissements de santé.

"J'ai passé ma journée en cellule de crise avec les infectiologues d'Île-de-France [...] Début juillet j'avais un patient Covid. On est montés à trois lits, cinq lits... Là, j'en suis à treize et on va rouvrir une autre structure", annonce Gilles Pialoux.

"Il n'y a pas eu de mesures difficiles annoncées"

Pour l'infectiologue, l'heure n'est pas au débat entre professionnels de santé sur une éventuelle seconde vague ou non: "il va y avoir une responsabilisation pour ceux qui prennent la parole publique - je pense à certains de mes collègues qui sont très imprudents. Ces chiffres sont tout à fait alarmants".

S'il admet que la situation épidémiologique actuelle n'est pas comparable à celle du printemps dernier, Gilles Pialoux expose une différence majeure avec le pic de la crise sanitaire en avril dernier.

"Tous les autres malades sont aussi dans l'hôpital public. Il faut faire coexister la prise en charge de plus en plus importante des malades Covid et celle de patients qui ont été différés pour certains de soins pendant la première crise", rappelle l'infectiologue.

Pour Gilles Pialoux, il faut désormais "que le politique prenne le pas pour ce qui est du décisionnel [...] il n'y a pas eu de mesures difficiles annoncées", regrette-t-il.

"C'est compliqué de faire rentrer dans une vision globale la peur de l'opinion publique qui a été très malmenée par la gestion de la première crise [...] et les impératifs économiques et sociétaux. C'est complexe, mais on ne veut pas voir les hôpitaux se remplir de patients Covid", explique le chef de service.
Hugues Garnier Journaliste BFMTV