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Coronavirus: comment se faire dépister?

La menace épidémique en France se fait de plus en plus pressante. Malgré les mesures sanitaires prises, le nombre de personnes dépistées positives au Covid-19 grossit chaque jour.

Le coronavirus s'étend en France où des premières mesures contraignantes seront mises en oeuvre lundi dans l'Oise et le Haut-Rhin, avec la fermeture temporaire des écoles. Le directeur de la Santé Jérôme Salomon a annoncé vendredi soir que le coronavirus a fait 9 morts et 613 contaminations en France depuis son apparition.

Des centres de dépistages du virus ont été déployés dans plusieurs lieux, et avec l'accentuation du nombre de cas, "les prélèvements pour les tests de dépistage du coronavirus sont désormais réalisables par les laboratoires de ville", écrit le gouvernement. Mais comment se déroulent-ils et qui y a accès?

  • Qui peut avoir accès à un dépistage?

En cas de crainte d'avoir attrapé le Covid-19, soit par l'apparition de symptômes caractéristiques, soit après avoir côtoyé des populations à risques, il faut d'abord appeler le 15, le numéro du Samu. "Ne vous rendez pas chez votre médecin traitant ou aux urgences, pour éviter toute potentielle contamination", explique le ministère de la Santé.

Face à la menace épidémique du Covid-19, les centres d'appel sont particulièrement sollicités pour répondre aux angoisses de certains. Les cas pouvant être concernés par une contamination sont transmis à un médecin régulateur. "On prend en charge la détresse tout en gardant en tête les précautions à prendre pour un coronavirus", explique à BFMTV Chadi Christian Jbeili, médecin régulateur au SAMU. Ces agents indiquent ensuite si un médecin virologue doit être contacté et un dépistage effectué. 

  • Les zones de dépistage isolées

Des zones de dépistage ont été montées sous différentes formes. Des étages sont par exemple complètements isolés dans les hôpitaux, afin que les malades potentiels ne soient pas en contact avec d'autres patients. Masques, gants, lunettes... De leur côté, les médecins portent des protections afin de ne pas être contaminés.

Un homme ayant été se faire dépister raconte à BFMTV avoir été "emmené dans une chambre à pression négative, dont l'air ne peut pas sortir. Tout le linge de lit est jetable, toute personne qui rentre dans la chambre est protégée intégralement. Tout ce qui entre dans la pièce est stérilisé à l'eau de javel".

Des protocoles qui se retrouvent dans d'autres établissement hospitaliers. À l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), la zone de dépistage a été placée sous une tente, en dehors de l'établissement pour limiter les contacts avec les patients dans l'hôpital.

Tente pour accueillir les malades potentiels du Covid-19 à Créteil, le 6 mars 2020
Tente pour accueillir les malades potentiels du Covid-19 à Créteil, le 6 mars 2020 © THOMAS SAMSON / AFP
  • Comment sont pratiqués les tests?
Le test est pratiqué avec un "écouvillon naso-pharyngé". "C'est comme un grand coton-tige. On le met au niveau des narines, on fait une narine puis une autre narine, puis on le met dans un tube", explique à BFMTV William Vindrios, infectiologue à l'hôpital Henri-Mondor.

Une fois effectués, les prélèvements sont transportés en laboratoire. "On prend des petites sondes qui vont venir se fixer sur le génome du virus et qui vont l'amplifier. Elles vont le copier en très grande quantité, du coup ce grand nombre de copies va devenir détectable", explique à BFMTV le professeur Pawlotsky, chef de pôle biologie pathologie. Les résultats, indiquant une contamination du patient, ou non, sont transmis dans les heures qui suivent au patient.

S'il ne présente pas de symptômes graves, "on les fait repartir chez eux en leur demandant d'y rester jusqu'à ce qu'ils soient informés de la négativité ou de la positivité de leur prélèvement", explique à BFMTV le médecin Arnaud Desclaux, au service des maladies infectieuses du CHU de Bordeaux (Gironde).
  • Pourquoi tout le monde n'est pas dépisté?

Plusieurs personnes se pensant potentiellement malades n'ont toutefois pas été dépistées, comme certains en témoignaient dans L'Express la semaine dernière. Si plusieurs autres centres de dépistage se sont ouverts ces derniers jours, le grand nombre de cas suspects à vérifier représente un véritable défi logistique. Pour les cas bénin sans gravité, des patients sont ainsi renvoyés sans être testés, à l'isolement chez eux pendant 14 jours, avec des recommandations, explique au Parisien Quentin Delannoy, médecin urgentiste à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

Dépister tout le monde, "cela peut même se révéler dangereux: si vous êtes diagnostiqué négatif, vous sortez des radars. Alors que le lendemain, et jusqu'à la fin de la période d'incubation, vous pouvez déclarer l'infection", explique le professeur Renaud Verdon, infectiologue au CHU de Caen, dans le Journal Du Dimanche.

De plus si la France passe au stade épidémique, "comme pour la grippe, on partira du principe que les patients affichant les symptômes sont touchés. Et les cas sans gravité seront renvoyés chez eux", déclare à l'hebdomadaire Aurélien Rousseau, directeur général de l'agence régionale de santé d'Île-de-France.
Salomé Vincendon