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Coronavirus: comment faire la différence avec une grippe ou un rhume?

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Fièvre, toux, rhume… C’est l’une des difficultés de cette épidémie de coronavirus: les symptômes ne sont pas spécifiques. Seul un test diagnostic permet de faire la différence avec d’autres virus respiratoires ultra fréquents en hiver, comme la grippe.

Les premiers cas autochtones de coronavirus ont été enregistrés en Allemagne et au Japon. Concrètement, cela signifie que des personnes ont contracté le virus sans avoir voyagé en Chine, ce qui est une première depuis son apparition dans la région de Wuhan. La nouvelle risque de renforcer la méfiance autour de cette épidémie, dont les symptômes peuvent faire penser à ceux d'une grippe. ou un rhume. Seul un test diagnostic permet de faire la différence avec d'autres affections respiratoires fréquentes en hiver.

"On n’appelle pas le 15 lorsqu’on a été dans un restaurant chinois"

Selon la page d’information du gouvernement, "en l’état actuel des connaissances, les symptômes principaux sont la fièvre et des signes respiratoires de type toux ou essoufflement". Rien de différent, donc, avec la grippe, dont l’épidémie se propage en Chine et en France.

"On ne peut pas faire le diagnostic clinique. Ce sont les mêmes symptômes d’une grippe, bronchite ou pneumonie", confirme à BFMTv Serge Smadja, secrétaire général de SOS médecins. Cette association de médecins a été confrontée à la prise en charge du premier cas confirmé sur le sol français à Bordeaux. Ce cas, suivi de deux à Paris, n’a fait qu’alimenter les inquiétudes.

Un prélèvement et un test diagnostic

Le week-end dernier, le SAMU du Val d’Oise a enregistré 25% d’appels en plus, principalement pour des inquiétudes non fondées: "On appelle le 15 lorsque l’on a été en contact avec quelqu’un qui revient de Chine et qui a des symptômes, ou que l’on revient de Chine soi-même et que l’on a des signes de grippe; mais on n’appelle pas le 15 lorsqu’on a été dans un restaurant chinois ou quand on a croisé dans la rue des personnes d’origine asiatique", rappelle Agnès Ricard-Hibon, chef de service du SAMU du Val d’Oise, alors que de nombreuses personnes d'origine asiatique dénoncent le racisme dont elles font l'objet depuis le début de l'épidémie.

"La question est simple au départ: d’où venez-vous en Chine? Avez-vous de la fièvre ou est-ce que vous toussez? Ces signes associés à la présence dans la zone du virus nous permettent de préciser le risque de contact".

Trois laboratoires compétents

En présence d’un risque, le SAMU décide alors d’acheminer le patient vers l’un des 36 établissements de santé référents. Les ambulances disposent de sachets avec des tenues:

"Dans ces kits on va trouver une surblouse, un tablier étanche, une paire de gants, une charlotte, un masque de protection et une paire de lunettes", détaille Estelle Bonnal, cadre au SAMU 95.

Le patient, lui, va porter un masque chirurgical pour éviter les projections. Une fois accueilli dans un service de maladies infectieuses, un prélèvement est pratiqué. Il se présente comme un coton tige que l’on insère dans le nez, assez profondément, pour recueillir des cellules.

Ce prélèvement est ensuite emballé soigneusement et transporté dans l’un des trois laboratoires compétents pour l’analyser: le Centre national de référence (CNR) des virus respiratoires de Paris ou de Lyon, ou à la Cellule d'Intervention Biologique d'Urgence de l’Institut Pasteur. Seul le test diagnostic réalisé dans l’une de ces trois unités permet de savoir si le patient est infecté par ce nouveau coronavirus.

Margaux de Frouville