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Coronavirus: comment bien utiliser son masque fait maison

Le port du masque pourrait bientôt devenir obligatoire.

Le port du masque pourrait bientôt devenir obligatoire. - ISAAC LAWRENCE / AFP

Le port généralisé du masque est de plus en plus privilégié par les autorités. Face au manque de ce type de protection, entreprises et particuliers se sont lancés dans la fabrication de masques dit "alternatifs", qui ne sont pas destinés au personnels soignants ou en contact avec des malades. Des protections qui nécessitent toutefois des précautions d'usage.

C'est un changement de cap opéré par les autorités depuis quelques jours: le gouvernement incite désormais le grand public à porter un masque, et non plus seulement les soignants ou les personnes qui ont contracté le coronavirus. Un discours renforcé par le position de l'Académie nationale de médecine qui estime que "le port généralisé d'un masque par la population constituerait une addition logique aux mesures barrières". Ajoutant qu'au regard de la pénurie de masque, "force est de recourir, actuellement et en vue de la sortie du confinement, à l’utilisation d’un masque (…) 'alternatif'".

  • A quoi sert le masque fabriqué maison?

Le site stop-postillons.fr recense les informations et les conseils pour fabriquer et porter ces masques dits "anti-projections", qui permettent d'éviter la propagation de postillons qui pourraient contenir le virus du Covid-19. Des masques que l'on peut fabriquer soi-même avec des serviettes en papier, des tissus et même pour les plus élaborés avec des filtres conçus à partir de sac d'aspirateur et dont les tutoriels se multiplient sur internet.

Ce masque, qui n'est pas destiné aux personnels soignants ou en contact direct avec des malades, ne remplace pas les gestes barrières, comme le lavage des mains, et surtout son port pour sortir faire ses courses, ou dans son logement pour éviter de propager le virus à son foyer, nécessite des précautions de manipulation.

"Il faut bien se laver les mains avant de mettre le masque, puis en rentrant avant de l’enlever et aussitôt après", insiste dans Le Figaro le docteur Jonathan Favre, médecin de Villeneuve-d’Ascq, qui avec trois autres médecins, a lancé le site stop-postillons qui recense les différentes initiatives pour fabriquer son masque.
  • Les masques maison sont-ils réutilisables?

L'une des interrogations porte également sur la réutilisation de ces masques dits alternatifs. Quand ils sont confectionnés en papier, les masques ne doivent pas être réutilisés.

"Il faudra le changer à partir du moment où il deviendra humide. Attention ce masque est potentiellement contaminé, il faudra bien l'éliminer dans un sac en plastique, avec éventuellement une décontamination avec de l'alcool ou un produit chloré", explique le professeur Daniel Garin, ancien chef du département de virologie du Centre de Recherche du Service de Santé des Armées, dans une vidéo où il propose des conseils pour fabriquer soi-même son masque anti-projections.
  • Comment laver son masque en tissu pour le réutiliser?

Pour les masques confectionnés à partir de tissu, il est possible de les laver. "Après utilisation il faut soit le jeter, soit le laver en machine à 60° puis bien le sécher, ou le passer au four à 70°; ces températures suffisent à détruire le virus", fait savoir le docteur Jonathan Favre.

Il ne faut pas mettre d’alcool ou de javel, qui pourraient abîmer le tissu et donc ses capacités de filtration. Là aussi, le port des masques en tissu est limité dans le temps, si la personne doit en porter plusieurs dans la journée, les masques usagers doivent être isolés et stockés dans un sac avant de rentrer à son domicile.

  • Le repassage permet-il la désinfection du masque?

Reste la question des masques chirurgicaux ou FFP2, dont la France manque cruellement. Un manque qui pourrait tenter certains porteurs de les réutiliser. La question a été posée à Checknews. "Le mot 'réutiliser' est un gros mot quand on parle de masques", insiste Bruno Grandbastien, président de la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H), précisant qu'il ne faut pas les repasser, les passer au sèche-cheveux ou les mettre au four, au risque de leur faire perdre leurs propriétés médicales.

La semaine dernière, Emmanuel Macron a annoncé le lancement d'une production massive de masques alternatifs, en tissu, soit 500.000 masques produits par mois pour équiper les professions non-médicales en contact avec le public. De nombreuses entreprises ont d'ailleurs réorienté leurs activité pour fabriquer des masques de ce genre: Petit Bateau, Armor Lux, Lacoste, Eminence, 1083, Tuffery, Saint-James, selon la liste établie par L'Usine nouvelle. L'Afnor, l'association française de normalisation, a édité un référentiel pour "faciliter et accélérer la fabrication en série ou artisanale d’un nouveau modèle de masque, dit 'masque barrière'". Des conseils pour l’utilisation et l’entretien sont notamment proposés.

Justine Chevalier