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Coronavirus chinois: comment va s'organiser le rapatriement des Français de Wuhan?

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La France prépare l'évacuation aérienne de ses ressortissants français de la région de Wuhan en Chine, dans la province du Hubei, où continue de sévir l'épidémie de coronavirus. Mais comment va se dérouler ce rapatriement vers le territoire national, prévu d'ici le milieu de la semaine?

La France prépare "une évacuation aérienne directe" de Chine pour ses ressortissants qui se trouvent dans le pays en pleine épidémie de coronavirus, a fait savoir la ministre de la Santé Agnès Buzyn ce dimanche, précisant qu'ils devraient être rapatriés "en milieu de semaine". 

"Nous sommes en train de mettre en oeuvre une opération de retour par voie aérienne au profit de nos ressortissants", a confirmé le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian ce lundi, après s'être entretenu par téléphone avec son homologue chinois Wang Yi des conditions de ce rapatriement, la ville de Wuhan étant soumise à une interdiction de circuler.
  • Entre 500 et 1000 Français sur place
"Nos équipes à Wuhan sont en train d'identifier nos compatriotes qui souhaitent revenir, sachant qu'il y aura une période de quarantaine de quatorze jours à l'arrivée ici à Paris", a-t-il ajouté.

Environ 500 Français sont enregistrés au consulat de Wuhan mais leur nombre total, les non-inscrits compris, est sans doute de l'ordre du millier, a indiqué Jean-Baptiste Lemoyne. Outre la présence des constructeurs automobiles français Renault et PSA Peugeot Citröen, Wuhan accueille une importante communauté étudiante française. 

Certains hésitent toutefois à être évacués parce qu'ils sont mariés à des ressortissants chinois et en raison de la période de quarantaine imposée à l'arrivée en France afin d'éviter toute propagation du virus.

  • Un vol direct Wuhan-Paris

Ce rapatriement, qui se fera "avec l'accord des autorités chinoises", se fera également à bord d'un vol spécial et direct, sous la supervision d'une "équipe médicale dédiée", selon le ministère des Affaires étrangères. Cette équipe aura pour vocation de "rassurer, répondre aux questions et examiner les individus", a ajouté ce lundi Jérôme Salomon, précisant que l''idée n'était évidemment pas de mélanger des personnes malades avec des personnes non malades".

Les candidats au départ seront ainsi examinés par des équipes médicales à l'aéroport de Wuhan et devront signer un "document s'engageant à respecter cette contrainte de confinement pendant 14 jours", a indiqué le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne.

"Nous avons des équipes médicales qui partiront avec ces avions, des équipes de la Sécurité civile, du Service de Santé des Armées. Tout sera fait dans les règles de l'art, avec un certain nombre de protocoles médicaux, pour s'assurer que cela se passe dans les meilleures conditions", a-t-il développé. 
  • Un avion partagé avec d'autres ressortissants

Mais ce rapatriement pourrait également concerner des ressortissants d'autres pays européens, a indiqué le professeur Jérôme Salomon ce lundi lors du point presse quotidien donné par les autorités françaises.

"Il y a des mécanismes de coopération européenne", a-t-il défendu. "Des discussions ont lieu en ce moment entre les différents pays européens puisque nous pouvons activer un mécanisme d'entraide européenne, pour avoir une action concertée".

Un peu plus tôt, Jean-Baptiste Lemoyne avait relevé sur Franceinfo: "les Européens se tournent vers la France. Nous oeuvrons aussi pour faciliter le retour d'un certain nombre de ressortissants européens avec ces avions".

  • 14 jours de suivi par des équipes médicales

À leur retour en France, ces rapatriés seront dirigés dans "un établissement de santé pour les personnes qui seront malades et dans un établissement d'accueil, d'hébergement, pour les personnes qui ne sont pas malades mais auront besoin d'un suivi renforcé pendant 14 jours", période d'incubation estimée, selon Jérôme Salomon. 

Cet établissement est "en cours de sélection". Les personnes concernées devront y rester pendant la durée maximale estimée d'incubation de la maladie, pour s'assurer qu'elles n'ont pas été infectées par le virus.

Jeanne Bulant