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Coronavirus: à Marseille, les files d'attente s'allongent pour se faire dépister

Alors que le taux de reproduction du Covid-19 progresse, à Marseille, les habitants se pressent devant les centres de dépistage, par prévention.

Devant l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille, les files d’attente s’allongent. Chaque jour, entre 500 et 700 personnes viennent se faire dépister pour savoir si elles sont contaminées par le Covid-19.

"Je suis enrhumée, avec de la fièvre. En d’autres temps je ne me serais pas fait de souci", commente une Marseillaise tandis qu’un jeune homme dit être "préventif" car un de ses collègues "a été contaminé par sa compagne. Je fais le test pour ne pas contaminer tout le monde", raconte-t-il au micro de BFMTV.

Se faire tester par prévention, "une bonne idée"

Mais si les tests sont de plus en plus nombreux, cela ne signifie pas pour autant que le virus a retrouvé son niveau d’avant le confinement. Selon le Pr Philippe Parola, chef de service des maladies infectieuses à l’IHU de Marseille, "beaucoup de patients viennent pour se rassurer, d’autres parce qu’ils partent en voyage et qu’on leur demande un test négatif".

Et d’ajouter: "Actuellement, il y a une petite épidémie à rhinovirus - mal de gorge, ganglions - et forcément, les gens qui en sont atteints veulent se faire tester, et à juste titre. C’est une bonne idée."

Reste que la reproduction du virus s’accélère. Depuis la semaine dernière, la région Paca est classée rouge: 10 personnes infectées sont susceptibles d’en contaminer 15 autres, mais selon le professeur Parola, on ne peut pas parler de seconde vague à Marseille.

"On a une dizaine, une vingtaine de cas maximum par jour. Ils sont essentiellement liés à des clusters familiaux. Aujourd’hui, nous n’avons pas de reprise d’épidémie", assure-t-il.

"Des signes inquiétants de reprise épidémique"

Au niveau national, le taux de reproduction effectif du virus (ou "R effectif", basé sur les tests virologiques positifs) est repassé légèrement au-dessus de 1 depuis la première semaine de juillet, et se situe à environ 1,20, selon Santé publique France. Chaque malade du coronavirus contamine en moyenne 1,2 autre personne, ce qui va dans le sens d'une tendance à l'augmentation de la circulation du virus.

"Il y a des signes inquiétants de reprise épidémique sur le territoire national", a rappelé sur France Info le ministre de la Santé Olivier Véran, mentionnant "entre 400 et 500 clusters", notamment en Mayenne, Bretagne et dans le Grand Est, même si "à ce stade nous sommes très loin de la deuxième vague". Santé Publique France a précisé lundi que 109 clusters étaient en cours d'investigation (+8 en 24 heures), une majorité des clusters enregistrés ayant depuis été "clôturés".

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV