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Composition des tampons hygiéniques: la pétition dans les mains de la ministre

Une poignée de tampons en coton.

Une poignée de tampons en coton. - Loic Venance - AFP

Des membres du cabinet du ministère de la Santé et du Secrétariat d'Etat à la consommation ont reçu jeudi Mélanie Doerflinger, une étudiante à l'origine d'une pétition sur Change.org demandant aux industriels d'afficher la composition des tampons sur les emballages.

Plus de 245.000 signatures: en quelques mois, la jeune étudiante Mélanie Doerflinger a réussi à soulever une véritable mobilisation citoyenne via une pétition postée sur la plateforme Change.org. Son objectif? Que les fabricants de protections hygiéniques communiquent plus clairement sur la composition des produits, et que la recherche médicale progresse dans ce domaine, notamment sur les risques potentiels qu'encourent les jeunes femmes à en porter. 

Jeudi, la jeune femme a été conviée à remettre sa pétition au ministère de la Santé, puis à assister à une réunion de travail avec la conseillère de la ministre de la Santé, le conseiller du Secrétariat d'Etat à la consommation, des médecins et des membres de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation, et de la répression des fraudes, ndlr).

"J'en suis sortie vraiment satisfaite, car il est clair que le gouvernement a entendu la mobilisation citoyenne et a pris le dossier à bras-le-corps. La pétition a contribué à ouvrir un débat", explique-t-elle à BFMTV.com. 

Une enquête sanitaire et des recherches scientifiques

Deux grands chantiers vont être lancés dans les prochaines semaines, selon la jeune femme. "D'abord, une enquête va être menée au niveau national par la DGCCRF. Les inspecteurs vont s'assurer du respect des normes sanitaires dans les usines de fabrication, effectuer des prélèvements sur les produits vendus pour détecter d'éventuels allergènes, et vérifier les cahiers des charges des industriels, qu'ils soient en France ou à l'étranger."

La Direction générale de la Santé (DGS) est également mobilisée. "Un travail scientifique va être lancé sur la composition des produits hygiéniques, et sur les réactions qu'ils peuvent engendrer lorsqu'ils sont en contact avec les organes génitaux féminins. Là encore, cela prendra du temps car il va falloir faire face au manque de documentation scientifique. En France, il n'y a jamais eu de recherches à ce sujet", poursuit Mélanie Doerflinger. 

Lauren, amputée à cause d'une infection

C'est notamment la médiatisation d'une histoire tragique qui a poussé la jeune femme à lancer cette pétition, à l'été dernier. Lauren Wasser, jeune mannequin américaine de 27 ans, a été amputée d'une jambe à cause d'une infection provoquée par un tampon, appelée syndrome du choc toxique (SCT). Une maladie mortelle provoquée par des toxines produites par des bactéries, dont le développement est favorisé par le port d'un tampon. 

Presque trois ans après avoir contracté cette infection, la jeune femme avait décidé de parler de son histoire à la presse, et de porter plainte contre la société qui commercialisait les tampons qu'elle avait utilisés, pour ne pas avoir mentionné suffisamment clairement le risque éventuel de SCT.

Un combat repris peu après en France par Mélanie Doerflinger, et soutenu par l'association 60 millions de consommateurs. Celle-ci a d'ailleurs chargé un laboratoire de mener une série d'essais scientifiques sur la composition des tampons et autres protections féminines. Publiés en février dernier, les résultats sont accablants: la présence de résidus de substances potentiellement toxiques, comme des dioxines, des glyphosates, et des pesticides, a ainsi été détectée dans 5 des 11 protections analysées.