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Etats-Unis: une mannequin perd une jambe à cause d'un tampon hygiénique

Lauren Wasser, prise en photo par sa compagne, photographe de mode.

Lauren Wasser, prise en photo par sa compagne, photographe de mode. - Montage BFMTV.com ; Instagram Fotofetish

Lauren Wasser a dû être amputée d'une jambe après une infection provoquée par le port d'un tampon hygiénique. Elle veut désormais faire connaître cette maladie.

C'est une maladie très rare, mais aussi très peu connue: le syndrome du choc toxique, appelé aussi SCT, a brisé le destin de Lauren Wasser. Presque trois ans après avoir contracté cette infection qui a failli lui coûter la vie à cause d'un tampon hygiénique, cette Américaine de 27 ans a décidé de médiatiser son histoire dans les colonnes de Vice. Son but: que les fabricants de protections hygiéniques communiquent plus clairement sur la composition des produits, et les risques potentiels qu'encourent les femmes à en porter.

Tout commence le 3 octobre 2012. Lauren Wasser, 24 ans, vit à Santa Monica, près de Los Angeles. Longue liane blonde aux yeux d'un bleu transperçant, elle vit alors du mannequinat, et fait partie de la jeunesse dorée en vue. Ce jour-là, elle se sent affaiblie, mais associe son état à ses règles, qui viennent de commencer. Elle achète une boîte de tampons hygiéniques, de la même marque qu'elle utilise depuis une dizaine d'années, Kotex. 

Sauvée à temps par sa mère

Dans la soirée, elle commence à se sentir réellement mal, et rentre chez elle. C'est sa mère qui la retrouvera le lendemain, inconsciente, gisant sur le sol de sa chambre. Emmenée aux urgences avec 41 C° de fièvre, la jeune femme frôle l'arrêt cardiaque. Un infectiologue suspecte alors un syndrome du choc toxique, et envoie en laboratoire le tampon qu'elle porte. Le diagnostic sera confirmé par les résultats: Lauren a contracté un SCT.

Cette maladie parfois mortelle, identifiée en 1978, est provoquée par des toxines produites par des bactéries, et se propage rapidement dans le corps en portant atteinte aux organes. Porter un tampon ne suffit pas à libérer ces toxines: la personne doit être déjà porteuse de la bactérie. D'ailleurs, les hommes et les enfants peuvent aussi en être porteurs.

Toutefois, le port d'un tampon hygiénique, généralement composé de fibres synthétiques, peut favoriser le développement de la bactérie chez la femme, jusqu'à générer dans certains cas très rares un SCT, selon plusieurs études médicales menées dans les années 80. 

Elle veut faire connaître ce syndrome

Lauren Wasser a survécu à cette infection, mais a dû subir l'amputation de sa jambe droite, au niveau du genou. Avec le soutien de sa mère, elle a porté plainte contre la société qui possède la marque Kotex, et l'instruction de son dossier est en cours. Car si l'entreprise, comme la loi l'y oblige, mentionne dans la notice le risque éventuel de SCT, les conseils pour l'éviter ne sont pas assez clairs, selon la mère et la fille. "Il devrait être indiqué: Ne dormez pas avec un tampon, utilisez une serviette hygiénique", plaide leur avocat.

Aujourd'hui, Lauren Wasser a fini par retrouver goût à la vie, et par aimer de nouveau son corps, meurtri par cet épisode. Elle fait désormais de ce passé un véritable combat pour faire de la prévention auprès des jeunes filles, et espère être entendue un jour par le Congrès américain pour obliger les entreprises à plus de transparence et d'information sur la composition des tampons et les risques éventuels. Le chemin reste encore long à parcourir.

quelques recommandations pour éviter le sct

- Changer régulièrement de tampon hygiénique - Eviter les modèles très absorbants. En cas de flux abondant, privilégier les serviettes hygiéniques - Ne pas utiliser de tampon hygiénique la nuit - Retirer le tampon dès la fin des périodes menstruelles

Alexandra Gonzalez