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Comment le gouvernement a changé de discours sur la nécessité ou non de se faire tester

Une équipe médicale à un drive test de dépistage à Rennes le 7 septembre 2020.

Une équipe médicale à un drive test de dépistage à Rennes le 7 septembre 2020. - Damien Meyer

Olivier Véran a assuré jeudi lors d'un point sur l'épidémie qu'"il ne sert à rien de se faire tester trop souvent". Un discours légèrement différent de celui assumé par Jérôme Salomon il y a quelques mois, qui assurait qu'il fallait se faire dépister "au moindre doute".

Léger retournement de situation. La France a dépassé cette semaine "les 1,2 million de tests", faisant de l'Hexagone "l'un des pays dans lesquels le plus de tests sont réalisés", s'est félicité jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran, lors d'un point sur l'épidémie. Un chiffre qui a fortement augmenté de semaine en semaine, s'accompagnant irrémédiablement d'un sensible allongement des délais d'attente pour obtenir les résultats.

Pour permettre de désengorger les laboratoires, face à la montée de l'épidémie sur le territoire, le ministre de la Santé a tenu à afficher une nouvelle politique concernant le dépistage, en donnant la priorité à certaines personnes.

"Il ne sert à rien de se faire tester trop souvent. Le test n'est pas un geste barrière, il doit être fait si vous avez un doute parce que vous avez des symptômes ou si vous êtes un cas contact avéré, c'est-à-dire que vous avez été en contact [avec une personne positive] ou été appelé par l'assurance maladie, l'ARS ou la personne concernée", a expliqué Olivier Véran, répétant qu'il fallait "assurer la priorité aux personnes prioritaires".

Les personnes jugées prioritaires sont celles ayant une prescription médicale, des symptômes, ayant été en contact avec un malade et les professionnels de santé.

"Se faire tester au moindre doute"

Un changement de discours vis-à-vis de celui que tenait Jérôme Salomon il y a quelques mois en arrière. Le 19 mai, alors que la France est en plein dans sa première phase de déconfinement, débuté une semaine plus tôt, le directeur général de la Santé pointait que "le risque de reprise épidémique et la vitesse de propagation de l'épidémie" n'étaient liés "qu'à nos comportements humains" et qu'il fallait donc "se faire tester au moindre doute".

"Nous avons le pouvoir de maîtriser l'épidémie. Dans ce contexte, se faire tester au moindre doute c'est entrer dans un parcours de prise en charge médicale qui permettra au plus grand nombre d'être détecté vite, d'être détecté à temps. C'est aussi permettre d'identifier efficacement ceux qui dans nos entourages risqueraient de contracter le virus et éventuellement de développer une forme grave. J'en appelle donc à la responsabilité de chacun. Pour notre sécurité à tous, imposons-nous individuellement et collectivement en famille et avec nos amis et nos proches de respecter ces règles", exhortait Jérôme Salomon.

Le gouvernement passe donc d'une politique consistant à se faire tester "au moindre doute" à une stratégie favorisant les "personnes prioritaires". Un changement de doctrine qui pourrait rappeler celui sur le port du masque, jugé "inutile" au début de l'épidémie.

Clément Boutin Journaliste BFMTV