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Cancer du col de l'utérus : pour ou contre le vaccin ?

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Destinés aux jeunes filles, deux vaccins protègent en partie contre le cancer du col de l’utérus. Mais ils ne sont pas efficaces contre tous les papillomavirus responsables de la maladie. Alors faut-il vacciner ou pas sa fille ? Les avis...

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Le vaccin contre le cancer du col de l'utérus s’adresse aux jeunes filles n’ayant pas eu de rapports sexuels, il est à effectuer entre l'âge de 11 ans et de 14 ans.

Les arguments en faveur du vaccin contre le cancer du col de l'utérus

L'avis du Pr Philippe Descamps, chef du service gynécologie-obstétrique au CHU d'Angers.

"Oui, il faut se faire vacciner. Je fais partie de cette génération de médecins qui a opéré beaucoup de cancers du col de l’utérus. La couverture vaccinale reste insuffisante contre cette maladie que l'on pourrait éradiquer à 80 % grâce à la vaccination, comme plusieurs études très sérieuses le prouvent. Actuellement, 32 % des jeunes filles de 14 ans sont vaccinées, or il faudrait atteindre au moins 70 à 80 % de vaccinations. Avec plus de 70 millions de doses délivrées à ce jour dans le monde, on peut être rassurant sur les effets secondaires. (Ndlr : le calendrier des vaccins a été mis à jour en avril 2013.)

Et si des accidents concernant des jeunes filles ont été rapportés, ils n’ont rien à voir avec la vaccination. Ces jeunes filles peuvent avoir des problèmes de santé intercurrents dans la période concernée. En outre, le vaccin protège probablement à vie puisque le taux d’anticorps reste stable avec dix ans de recul. Le message est simple : vaccination et frottis ne sont pas en opposition, mais se complètent."

Les limites du vaccin contre le cancer du col de l'utérus

Le Dr Philippe de Chazournes, médecin généraliste à la Réunion, explique pourquoi il est contre ce vaccin.

"Je tiens à préciser, comme la loi m’oblige à le dire, que je n’ai aucun conflit d’intérêt avec l’industrie. Ce vaccin me paraît inutile et injustifié. S’il est efficace à près de 100 % contre les seuls virus HPV 16 et 18, responsables de 70 % des cancers du col de l’utérus, son efficacité n’a jamais été prouvée lorsqu’on considère tous les HPV confondus. Cette vaccination coûte 120 millions d’euros par an à la Sécurité sociale : pourquoi continuer à la rembourser ? Le problème pourrait être pratiquement résolu si un frottis était fait tous les trois ans chez les femmes de 25 à 65 ans. J’ai fait partie du groupe de travail de la Haute autorité de santé qui, en 2010, a rappelé que le dépistage restait indispensable pour toutes les femmes vaccinées ou non.

Par ailleurs, il y a de plus en plus de notifications d’effets secondaires et des études laissent entendre qu’en éliminant certains papillomavirus par la vaccination, on pourrait réveiller d’autres virus HPV dormants".

A lire sur ce sujet : Huit choses à savoir sur le Gardasil, le vaccin contre le cancer du col de l'utérus

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