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Et si vous étiez payé pour bien dormir et faire du sport?

Des entreprises américaines versent des primes à leurs salariés pour qu'ils se maintiennent en forme.

Des entreprises américaines versent des primes à leurs salariés pour qu'ils se maintiennent en forme. - Ral Gonzlez - CC - Flickr

Aux Etats-Unis, des entreprises offrent des primes à leurs employés pour les encourager à avoir une bonne hygiène de vie… Et à être productifs. Une fausse bonne idée?

Etre payé à roupiller… Le rêve de tout salarié? Et rémunéré à courrir… Cauchemar ou réalité? Aux Etats-Unis, la start up Casper verse des primes quand ses employés ont passé une bonne nuit de sommeil pour être d’attaque à travailler, ou quand ils font de l’exercice. Et ce, dans l'optique de limiter les problèmes de santé et donc, à terme, les arrêts maladie.

166 euros par mois

Mais à quel prix? Prosaïquement, cela rapporte 17 centimes d’euros par kilomètre de marche, 1,70 euro par kilomètre de vélo; même tarif pour une nuit de sommeil complète avec un plafond de 166 euros par mois… Ou d’un autre point de vue, au prix de la liberté. Car pour arrondir ainsi leurs fins de mois, les employés se connectent à une application qui les géolocalise à tout moment. Big brother au cœur de l’entreprise.

Pour le patron de ce vendeur de matelas en ligne, l’intérêt est double: au niveau marketing, il insiste sur l’influence d’un sommeil de qualité sur la santé; question productivité, il espère motiver ses salariés à arriver davantage en forme pour qu’ils gagnent en performance. Et sept salariés sur dix adhèrents, au point de devenir accros à ces applications.

Consciente que l’obésité provoque des risques cardiovasculaires et autres maladies susceptibles d’augmenter l’absentéisme, un tiers des entreprises américaines se sont déjà lancées, de manière plus classique, dans des cures minceurs pour leurs employés, en leur offrant des abonnements en salle de gym ou encore, les conseils de diététiciens.

Risques de burn-out

Mais la société d’assurance américaine Aetna et Casper vont plus loin en encourageant par des primes les efforts de leurs salariés pour se maintenir en bonne santé. "Surveiller sa vie comme s’il s’agissait d’une véritable entreprise correspond en tout point de vue à la mentalité de l’agent idéal du néolibéralisme", s’indignent à ce propos les chercheurs Carl Cederström et André Spicer dans Le syndrome du bien-être. Et en analysant leur santé sous le prisme de la productivité, les risques de montée du stress au travail guettent. Egalement alimentés par l’hyperconnexion. 

Rozenn Le Saint