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Avortement: l'Ordre des médecins dénonce la "violence" des propos du pape

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- - MANOOCHER DEGHATI / AFP

Le souverain pontife a comparé l'avortement à l'embauche d'un "tueur à gages". Pour les médecins, ces propos jettent "l'anathème" sur leur profession et bafouent la souffrance des femmes qui ont recours à l'IVG.

Le pape a "fortement ému la communauté médicale" en comparant avec "violence" l'avortement au recours "à un tueur à gages", s'est indigné l'Ordre des médecins, dans un courrier au représentant du souverain pontife en France, Luigi Ventura.

Le pape "a prononcé des mots très durs sur l'avortement, qui ont fortement ému la communauté médicale française que j'ai l'honneur et la responsabilité de représenter" écrit le président du conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom), le docteur Patrick Bouet, dans une lettre datée du 11 octobre.

"Comment ne pas réagir à des termes d'une telle violence, alors que les professionnels de santé ont fait vocation d'écoute, d'aide et de soutien à leurs concitoyennes pour les accompagner dans des moments parfois difficiles de leur vie, et pour leur assurer un accès à l'interruption volontaire de grossesse dans les meilleures conditions possibles si elles en expriment le souhait", s'interroge le docteur Bouet.

La souffrance des femmes "niée"

"Si je comprends que sa Sainteté, au nom de sa foi, souhaite défendre des principes importants pour l'Église qu'il dirige", le Cnom "ne peut accepter que l'anathème soit ainsi jeté sur l'ensemble du corps médical, qui s'en retrouve stigmatisé". L'Ordre "ne peut non plus tolérer que la souffrance physique, psychique et morale vécue par des femmes en détresse, parfois en grande souffrance quand elles ont recours à l'interruption volontaire de grossesse, soit niée", poursuit le médecin.

Le pape François a comparé l'IVG au recours à "un tueur à gages" mercredi lors de sa traditionnelle audience sur la place Saint-Pierre, dans une homélie consacrée au commandement biblique "tu ne tueras point". "Est-il juste d'éliminer une vie humaine pour résoudre un problème?", a-il demandé. "Est-il juste d'avoir recours à un tueur à gages pour résoudre un problème?", a-t-il poursuivi, en sortant de son texte prévu. 
CR avec AFP