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Avec le beau temps et les vacances, le risque des écarts au confinement

Des gens marchant dans une rue de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, le 2 avril 2020.

Des gens marchant dans une rue de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, le 2 avril 2020. - AFP

La météo clémente et le début des vacances scolaires fait craindre aux autorités un certain relâchement dans la vigilance des Français vis à vis des mesures de confinement. Les contrôles sur les routes vont notamment être renforcés.

Edouard Philippe le martèle depuis plusieurs jours: le déconfinement "ça n'est pas pour demain matin". La date du 15 avril pour la levée des mesures de restriction de circulation semble donc être de plus en plus un lointain souvenir. Ce week-end, des températures printanières vont s'installer sur toute la France, où les 20 degrés seront atteints quasiment dans toutes les régions. A cela s'ajoute le début des vacances scolaires pour la zone C (académies de Créteil, Montpellier, Paris, Toulouse, Versailles) qui fait craindre un certain relâchement de la vigilance des Français vis à vis des mesures de confinement.

Pour cette fin de semaine, 160.000 policiers et gendarmes vont être mobilisés sur les routes pour effectuer les contrôles d'attestations de déplacement. A Paris, ils seront près de 8.300, a précisé ce vendredi matin le préfet de Police, avec notamment un vigilance renforcée aux péages et à certaines portes de la capitale. Sur les routes, dans les gares, la vigilance sera maximum pour éviter que des Français changent de lieu de confinement. "Nous serons extrêmement sévères, il n'y aura pas de possibilité de départ", a prévenu Didier Lallement, le préfet de police de Paris. 

"Les contrôles vont être une nouvelle fois renforcés car nous ne voulons pas ruiner les efforts des Français et que les gens ne prennent pas leur voiture pour partir en vacances et propager ce virus contre lequel nous mettons tant d'effort pour le maintenir où il est, abonde Camille Chaize, porte-parole du ministère de l'Intérieur. On en doit pas changer de lieu de confinement, il n'y a pas de vacances en confinement."

"On se sent invicibles"

Cette fermeté affichée intervient alors que le chiffre de nouvelles hospitalisations commencent à se stabiliser, tout comme celui du nombre de cas graves du coronavirus, qui pourrait être un premier effet du confinement, alors que le pic de l'épidémie est attendu en Ile-de-France au début de la semaine prochaine selon Le Parisien. Et certains Français commencent à s'accorder quelques libertés, notamment depuis que la question du déconfinement a été évoquée par le gouvernement, sans pour autant en préciser la stratégie, ni le calendrier.

"Ca fait du bien parce que ça nous donne des perspectives, mais en même temps c'est peut-être pour ça qu'on relâche un peu la vigilance, les gestes barrières, reconnait cette mère de famille lilloise. C'est ce sentiment que ça va mieux et finalement les chiffres ne sont pas si bons."

Ce relâchement semble aussi lié, après trois semaines de confinement, à une sensation d'isolement. "J'abuse aussi, reconnait ce jeune Lillois qui avoue utiliser son attestation de déplacement délivré par son employeur pour rejoindre des amis. La solitude ce n'est pas pour moi. On se voit dans un appart, comme des potes, on fait des petits apéro, sur les balcons. On se sent invincibles."

Mise en garde des autorités

Les Français se sont déjà illustrés pour leur conception laxiste du confinement. Le week-end précédent la mise en place des mesures de confinement, de nombreux pays avaient été choqués par les images montrant les Parisiens, notamment, nombreux dans les parcs ou sur les quais de Seine. Le maintien de la discipline n'est cependant pas qu'une problématique hexagonale. En Italie, par exemple, le gouvernement avait dû faire des rappels à l'ordre quelques jours après la mise en place du confinement. "Mes amis, je le dis de manière polie, mais très vite nous allons devoir changer de ton, en étant plus agressifs pour se faire comprendre", avant lancé le président de la Lombardie, Attilio Fontana.

De notre côté des Alpes, les mises en garde sont aussi nombreuses. Lundi, la préfète de Haute-Saône a appelé dans une interview à L'Est républicain "à la responsabilité de chacun pour se mobiliser en soutien des personnels soignants en respectant le confinement". Fabienne Balussou assurait que les contrôles réalisés dans son département "révèlent un relâchement des comportements qui ne peut être toléré (...)". "Malgré le beau temps et les signes encourageants, il faut continuer à rester extrêmement prudent, c’est primordial", a rappelé Jean Rottner, le président de la région Grand-Est lors d'un Facebook Live.

Michèle Kirry, la préfète d’Ille-et-Vilaine, préfète de la région Bretagne, région qui a connu une arrivée massive de Parisiens au début du confinement, a elle rappelé ce vendredi que "la règle est de rester chez soi, afin de se protéger, de protéger ses proches et de lutter contre la propagation de l’épidémie".
Justine Chevalier