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Angleterre: des chercheurs inventent un traitement à la MDMA efficace pour réduire la dépendance à l'alcool

Du vin rouge (photo d'illustration)

Du vin rouge (photo d'illustration) - GEORGES GOBET / AFP

Ce traitement pourrait être plus efficace que le traitement classique en Angleterre, où 8 alcooliques sur 10 rechutent dans les trois ans.

Des chercheurs de Bristol ont mis au point un traitement pour lutter contre l'alcoolisme à base de MDMA. Les premiers essais se sont révélés encourageants, montrant que le traitement ne présentait aucun danger, ont annoncé les scientifiques, relayés par The Guardian ce lundi. 

Ce traitement, associé à une psychothérapie, pourrait aider les patients à surmonter l'alcoolisme de manière plus efficace que les traitements traditionnels. Toutes les personnes ayant expérimenté cette nouvelle médication n'ont pas rechuté et ne souffrent pas physiquement ni psychologiquement, à l'exception d'un patient. 

Comparativement, en Angleterre, huit alcooliques sur dix rechutent dans les trois ans qui suivent le traitement habituel, d'après The Guardian

"Grâce à ce que la médecine peut faire de mieux, 80% des personnes boivent dans les trois ans qui suivent la désintoxication", déplore le docteur Ben Sessa, psychiatre spécialisé en toxicomanie, chercheur et directeur de l'étude.

Sur onze personnes, une seule a rechuté

À ce jour, onze personnes ont terminé le traitement qui comprend neuf mois de suivi.

"Nous avons une personne qui a complètement rechuté, retrouvant ses niveaux de consommation précédents, nous avons cinq personnes qui ne boivent plus et nous en avons quatre ou cinq qui ont bu un ou deux verres mais n'ont pas rechuté" , détaille le docteur Sessa.

La plupart des addictions sont basées sur des traumatismes, souvent de l'enfance, explique le docteur Sessa. "La MDMA altère sélectivement la réaction face à la peur".

"La psychothérapie à la MDMA vous donne l’opportunité de vous confronter à des récits personnels basés sur un traumatisme. C'est le médicament idéal pour la psychothérapie axée sur le traumatisme. "

Après un dépistage préliminaire, comprenant des tests médicaux et psychologiques, les participants suivent une psychothérapie de huit semaines. Au cours des semaines trois et six, ils reçoivent une puissante dose de MDMA et passent huit heures avec un psychiatre et un psychologue, la plupart du temps allongés avec des écouteurs.

Après les séances, les patients sont appelés tous les jours pendant une semaine pour collecter des données sur la qualité du sommeil, de l’humeur et les risques de suicide potentiels. De manière significative, ces données n'ont montré aucune preuve de mauvais effets secondaires liés à la MDMA.

"Il n'y a pas de lundi noir"

"Il n'y a pas de lundi noir, de mardi bleu ou peu importe comment les fêtards l'appellent. À mon avis, c'est un cliché de fêtard. Ce n'est pas à cause de la MDMA", a déclaré docteur Sessa, se référant aux utilisateurs de la drogue à des fins récréatives.

La première étape visait à démontrer que le traitement était sans danger. Des recherches complémentaires, comparant les résultats obtenus avec un groupe recevant un placebo au lieu de la MDMA seront nécessaires. 

La MDMA a été utilisée comme médicament pour améliorer l'efficacité de la psychothérapie aux États-Unis de 1970 à 1985 et en Suisse jusqu'en 1993. Ces dernières années, le traitement à la MDMA a fait l'objet d'études approfondies en tant que traitement du trouble de stress post-traumatique.

Alexandra Jaegy