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Dixième samedi de mobilisation d'affilée contre le pass sanitaire

Manifestation contre le pass sanitaire et l'obligation vaccinale pour certaines professions, le 18 septembre 2021 à Paris

Manifestation contre le pass sanitaire et l'obligation vaccinale pour certaines professions, le 18 septembre 2021 à Paris - BFMTV

Pour la dixième semaine consécutive, 180 manifestations contre le pass sanitaire étaient prévues samedi en France, alors que le président Emmanuel Macron envisage la levée de certaines contraintes.

Deux mois et demi après les premières mobilisations contre le pass sanitaire, les manifestants ne désarment pas.

Ce dixième samedi de grogne coïncide avec le franchissement symbolique du cap des 50 millions de personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19 a été atteint.

Selon une source policière, 17.000 manifestants contre le pass sanitaire sont attendus samedi à Paris et 80.000 à 120.000 dans le reste de la France. Le précédent samedi de mobilisation avait rassemblé 121.000 manifestants sur l'ensemble du territoire, loin des 237.000 participants du 7 août.

Place du Trocadéro à Paris, où le rassemblement des Patriotes, à l'appel de Florian Philippot (extrême droite), réunissait à partir de 14h plusieurs centaines de personnes, des pancartes dénonçaient le "Kontrolistan" et scandaient "Libérons la France".

3000 soignants réfractaires au vaccin suspendus

L'obligation vaccinale pour les personnels de santé, mesure très contestée par une partie des manifestants, est entrée en vigueur mercredi, pour 2,7 millions de salariés. Le ministre de la Santé Olivier Véran avait annoncé jeudi que "quelque 3.000 suspensions" avaient été signifiées à des personnels de santé non vaccinés contre le Covid-19.

"Je ne me suis pas fait vacciner, même pas en rêve, et j'ai démissionné" de la Fonction publique, a déclaré à l'AFP une aide-soignante d'Île-de-France, repérable à sa blouse blanche, dans une manifestation à l'appel des "Gilets jaunes" dans l'après-midi à Paris. "Le vaccin, on n'est pas sûrs de ce qu'il y a dedans, on n'est pas des cobayes", lançait cette femme de 37 ans, "en colère et triste".

Armelle, éducatrice spécialisée en pédopsychiatrie dans le Val-d'Oise, a quant à elle été "suspendue depuis le 16 septembre". "Je prends soin de ma santé comme je l'entends, par respect pour moi-même, je ne renoncerai pas à mon droit à choisir", argumentait cette manifestante parisienne.

La police redoute d'éventuelles "tensions" à Toulouse, Nantes, Bordeaux et Paris. Le 11 septembre, des heurts avaient éclaté dans la capitale entre manifestants et forces de l'ordre dès la matinée puis en fin de journée autour du Palais-Royal, donnant lieu à 104 interpellations.

Vers la fin du pass sanitaire ?

Dans le même temps, l'épidémie de Covid-19 se calme en France, selon les autorités, si bien qu'Emmanuel Macron s'était dit prêt jeudi à "lever certaines contraintes" dans "les territoires où le virus circule moins vite" sans toutefois donner un échéancier précis.

Le pass sanitaire est devenu obligatoire le 21 juillet dans les lieux accueillant plus de 50 personnes. Il a ensuite été étendu aux hôpitaux sauf urgences, aux bars et restaurants, aux grands centres commerciaux sur décision préfectorale et le 30 août aux 1,8 million de salariés au contact du public.

Le 30 septembre, il devrait être appliqué aux 12-17 ans.

MPB avec AFP