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Violences à Paris: après le "samedi de trop", l'opposition attaque à tout va le gouvernement

Emmanuel Macron et Christophe Castaner lors de la réunion de crise organisée ce samedi soir à Paris.

Emmanuel Macron et Christophe Castaner lors de la réunion de crise organisée ce samedi soir à Paris. - CHRISTOPHE PETIT-TESSON / POOL / AFP

À droite comme à gauche, l'opposition éreinte l'exécutif au lendemain du saccage des Champs-Elysées lors du 18e samedi de mobilisation des gilets jaunes, qui avait été annoncé comme un "ultimatum" lancé au président. 200 personnes dont 15 mineurs ont été placées en garde à vue.

L'opposition dénonce le "laxisme sécuritaire" du gouvernement, au lendemain du 18e samedi de mobilisation des gilets jaunes au cours duquel la violence a repris de plus belle dans les rues de Paris. 

François-Xavier Bellamy, candidat Les Républicains aux élections européennes, a dénoncé sur notre antenne ce dimanche un "laxisme sécuritaire" et estimé que l'État avait "failli". "À aucun moment, l'État n'a baissé les bras à ce point-là", a-t-il ajouté.

"Pourquoi les forces de l'ordre ne sont pas intervenues, quelles consignes ont été données?", s'est interrogé Xavier Bertrand, ancien membre des Républicains et président de la région Hauts-de-France.

Le député Les Républicains Eric Ciotti est allé jusqu'à affirmer au journal le JDD que "cette violence (arrangeait) le gouvernement". Une théorie que n'exclut pas non plus Marine Le Pen: "On peut se poser la question", a réagi la présidente du Rassemblement national sur France 3.

"Un gouvernement qui ne fait pas son travail"

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a estimé dans un communiqué que "le grand débat (était) maintenant arrivé à son terme. Emmanuel Macron n'a plus aucune excuse pour laisser pourrir la situation. Il doit désormais soumettre aux Français des mesures économiques et sociales précises, que seul le peuple est à même de trancher par le suffrage universel".

À gauche, la maire de Paris Anne Hidalgo a exigé, dans le Parisien, "des explications" et des mesures "pour sortir de ce cauchemar". "On devrait être capable de maîtriser une situation comme celle que nous venons de vivre", a-t-elle vitupéré. "Il y a aujourd'hui un gouvernement qui à l'évidence ne fait pas son travail", condamne le premier secrétaire du PS Olivier Faure, qui s'"interroge sur la façon dont on maintient l'ordre dans ce pays". Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France Insoumise, est jusqu'alors resté silencieux sur ces violences.

Dimanche soir au terme d'une réunion au sommet de l'État, le gouvernement a admis des "dysfonctionnements" dans le dispositif de sécurité mis en place à Paris, où une partie des Champs-Elysées a été saccagée. Édouard Philippe fera "ses propositions d'adaptation à Emmanuel Macron lundi à 11h30",

Le regain de violence samedi à Paris met à nouveau la pression sur le gouvernement, alors que le mouvement des gilets jaunes était sur le déclin ces dernières semaines.

Jeanne Bulant