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Valls sera candidat la République En Marche aux législatives

L'ancien Premier ministre estime que "l'essentiel est de donner une majorité large et cohérente, sans futur frondeur", à Emmanuel Macron.

La recomposition est en marche: "Je veux la réussite d'Emmanuel Macron, de sa majorité (...). Parce que je suis un républicain, parce que je reste un socialiste, je ne suis pas en embuscade. Donc, et j’invite tous les progressistes à le faire, je serai candidat de la majorité présidentielle, et souhaite m'inscrire dans son mouvement qu'est la République en Marche", déclare l'ancien Premier ministre ce mardi sur RTL

"L’essentiel est de donner une majorité large et cohérente à Emmanuel Macron, sans futur frondeur", plaide Manuel Valls. "J’ai éprouvé ce que pouvait être la division. Elle a été fatale à ce quinquennat", estime l'ancien maire d'Évry.

Emmanuel Macron avait clairement prévenu Manuel Valls: un candidat En Marche! serait investi face à lui dans la 1ère circonscription de l'Essonne, où il est sortant, s'il conservait l'étiquette du Parti socialiste. "Je prends mes responsabilités, je ne demande rien", a ajouté Manuel Valls, qui affirme ne pas avoir échangé avec le président élu sur la question.

"Parlons franchement : nous nous retrouvons dans la plupart des propositions du projet qu’Emmanuel Macron porte. Beaucoup de ces propositions, je les ai portées pendant la primaire", explique Manuel Valls.

"Sur la politique économique et industrielle, sur le projet européen, sur la sécurité, nous sommes d’accord. Emmanuel Macron porte une recomposition politique. Faire travailler des hommes et des femmes venant de la droite et de la gauche ensemble, c’est ce que veulent les Français et c’est nécessaire pour faire redresser le pays", juge l'ancien locataire de Matignon, à qui un Premier ministre de droite "ne poserait pas de problème".

Appel à la clarification au Parti socialiste

Aux yeux de ce dernier, le président élu "a fait la bonne analyse, celle que je portais déjà il y a quelques années: celle de la recomposition de la vie politique". "Il était plus libre qu’un certain nombre d’entre nous" pour déclencher ce mouvement, estime le perdant de la primaire de la gauche.

Interrogé sur l'attitude que devrait selon lui adopter le Parti socialiste, et plus particulièrement sur l'opportunité de soutenir Emmanuel Macron, Manuel Valls a été sans détour:

"Le Parti socialiste doit se dépasser. Il devrait être beaucoup plus clair que cela. (...) Ce n'est pas moi qui demande des exclusions, mais il faut être clair: dans une même formation politique, avoir ceux qui veulent soutenir la majorité présidentielle, avoir ceux qui veulent une alliance avec Jean-Luc Mélenchon, et au milieu ceux qui ne savent pas où ils sont, ça ne marche pas. Tout cela est fini, tout cela n'a aucun sens."

"Ceux qui se reconnaissent dans le projet réformiste et qui ont été fidèle au PS, et même au candidat malgré tout, parmi lesquels beaucoup pensaient que le score du candidat Hamon n'aurait aucune conséquence et se sont trompés, doivent s'engager pleinement", conclut donc Manuel Valls.

Accueil glacial

L'inimitié entre l'ancien Premier ministre et son ex ministre n'est pas un secret. Une rivalité que Manuel Valls tente de dépasser, estimant qu'il était normal qu'il y ait eu "une concurrence", "parce que nous nous retrouvions aussi dans le même espace politique".

"Malheur au vaincu", semble répondre le camp du nouveau président, qui a adressé une réponse cinglante aux déclarations de celui qu'Emmanuel Macron qualifie volontiers de traître. "J'ai beaucoup de respect pour Manuel Valls mais l'investiture n'est pas automatique. Il devra faire acte de candidature, comme moi", a sèchement déclaré Christophe Castaner, député des Alpes-de-Haute-Provence et proche soutien d'Emmanuel Macron. 

Louis Nadau