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Terrorisme: pour Collomb, Ciotti et Larrivé veulent "mettre tout le monde en prison"

Gérard Collomb

Gérard Collomb - THOMAS SAMSON / AFP

Gérard Collomb estime le projet de loi antiterroriste "relativement modéré" comparativement aux propositions de certains députés Les Républicains.

Transposer l'état d'urgence dans le droit commun, oui, le renforcer, non. Alors que les députés Éric Ciotti et Guillaume Larrivé taxent de laxisme le projet de loi antiterroriste examiné depuis lundi à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a répondu ce mercredi aux tenants de la ligne "dure" des Républicains.

"Tout le monde en prison"

Invité d'Europe 1, l'ancien maire de Lyon a donc défendu son projet de loi, "relativement modéré" comparativement aux mesures proposées par LR. "Nous pouvions sortir de l’état d’urgence mais en même temps, il fallait pouvoir garder un certain nombre de mesures qui permettaient de protéger les Français et c’est ce que nous faisons par ce texte", défend Gérard Collomb.

Éric Ciotti et Guillaume Larrivé "sont pour mettre tout le monde en prison dès le premier moment", estime le ministre. "Donc évidemment, on est relativement modéré par rapport à ce qu’ils proposent. Dès que vous êtes suspect, vous êtes en centre de rétention sans mesure de temps. Vous pouvez rester indéfiniment en détention. Par rapport à ça, on est un peu plus équilibrés."

Entre autres mesures, Éric Ciotti et Guillaume Larrivé proposent notamment de coupler vidéosurveillance et reconnaissance faciale, l'internement préventif de certains fichés S et la création d'un régime de garde à vue antiterroriste pouvant aller jusqu'à 30 jours.

État d'urgence ordinaire

Le patron de Beauvau soutient par ailleurs que ce projet de loi, que le Défenseur des droits Jacques Toubon qualifie de "pilule empoisonnée", ne consiste pas à "transposer l'état d'urgence".

Or, les principales dispositions du texte permettent justement aux forces de l'ordre, moyennant quelques dispositions de contrôle, de mener des opérations de police sous autorité administrative, et non judiciaire. Soit ce que permet justement l'état d'urgence.

Louis Nadau