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Projet de loi antiterroriste: "On vivrait dans la situation de l'Ukraine ou de la Turquie", selon Coquerel

Ce lundi de rentrée parlementaire a été marqué par l'examen du projet de loi antiterroriste du gouvernement par les députés. Le texte inquiète à gauche, qui tient pour liberticides certaines dispositions, et agace à droite pour ses insuffisances présumées.

Ce lundi, les députés affrontaient une rentrée parlementaire chargée. Au programme, en effet, était prévu l'examen du projet de loi antiterroriste. Ce texte a vocation, s'il est adopté, à remplacer l'état d'urgence prolongé jusqu'à la fin du mois d'octobre. Il retranscrirait d'ailleurs en droit commun certaines dispositions de ce dernier comme les perquisitions (dénommées ici "visites"), les assignations à résidence (dans un cadre élargi), ou encore les fermetures administratives de lieux de culte.

Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des lois à l'Assemblée nationale, a cherché à défendre l'initiative gouvernementale ce lundi devant les caméras de BFMTV: "L'état d'urgence est un état d'exception qui nous permet de faire face à une situation exceptionnelle survenant tout à coup. Aujourd'hui, et c'est malheureux, le terrorisme est quelque chose de pérenne et nous sommes contraints d'adapter notre législation à cette menace pérenne". 

Pour Eric Coquerel, le gouvernement ne pose pas mes "vrais problèmes"

L'argument a peu de chances de convaincre le député issu des rangs des Insoumis, élu en Seine-Saint-Denis, Eric Coquerel. Celui-ci a lancé, également sur BFMTV:

"Au lieu de se poser les vrais problèmes, c’est-à-dire les problèmes des moyens humains, des moyens matériels, d’arrêter de déstabiliser les services de renseignement, on fait cette loi qui est censée rassurer l’opinion publique, qui n’empêchera en rien les actes terroristes mais qui fera en sorte, si elle est votée, qu’on vive dans une situation qui est celle de l’Ukraine ou de la Turquie car ce sont des Etats qui ont transformé un état d’exception en état permanent."

Les Républicains et le Front national hostiles pour d'autres raisons

Le projet de loi ne séduit pas davantage la droite qui est montée au créneau ce lundi, dénonçant pour sa part un texte trop bienveillant à l'égard des suspects. C'est en tout cas ainsi que le député élu dans les Alpes-Maritimes, Eric Ciotti a vu les choses à la tribune. "Les palpations de sécurité, l’inspection visuelle, la fouille des bagages, la visite des véhicules seront désormais soumises au consentement des intéressés. C’est-à-dire que ça vide de tout sens ces dispositifs", a-t-il dit. 

La présidente du Front national, parlementaire envoyée à l'Assemblée nationale par la 11e circonscription du Pas-de-Calais, a elle aussi émis un jugement négatif à l'égard du texte lors d'un point-presse: "On prévoit une assignation à résidence dans la commun, mesure complètement liberticide pour les honnêtes gens mais totalement inefficace pour les terroristes, mais on n’avertit pas le maire des fichés S dans leur commune." Pour Marine Le Pen, cette "petite" loi serait "administrative, défensive et molle."

Robin Verner