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Tapie volé par le Crédit Lyonnais ? « Pas si évident », répond Fabrice Lhomme

Bernard Tapie

Bernard Tapie - -

Lundi, Bernard Tapie a été placé en garde à vue dans l’affaire de l’arbitrage Adidas/Crédit Lyonnais à l’issu duquel il avait obtenu la somme de 403 millions d’euros en 2008. Pour Fabrice Lhomme, grand reporter au Monde invité sur RMC ce mardi, Bernard Tapie a menti sur son agenda ainsi que sur l’objet de ses rendez-vous à l’Elysée ou à Bercy.

Invité sur RMC ce mardi matin, Fabrice Lhomme, grand reporter au Monde a donné son point de vue concernant la garde à vue de Bernard Tapie. Ce dernier a effectivement été placé en garde à vue après la découverte de certains éléments laissant penser aux enquêteurs que l'arbitrage Adidas/Crédit Lyonnais était en réalité voulu et imposé par le camp Sarkozy. Dans un premier temps, mardi matin sur RMC, Fabrice Lhomme a émis l’idée que le Crédit Lyonnais n’était peut-être pas si fautif que cela vis-à-vis de Bernard Tapie et de ses accusations de vol. « Bernard Tapie soutient qu'il a été volé par le Crédit Lyonnais. Mais quand on se plonge dans le dossier, ce n'est pas si évident que ça. Si le recours en révision est accordé, on reviendra peut-être sur cette idée », a-t-il indiqué.

« Tapie parle beaucoup et il lui arrive de se contredire »

Pour étayer ses propos, le journaliste a déclaré qu’il avait constaté de nombreuses incohérences dans les propos de l’homme d’affaire. « L'inconvénient avec Tapie c'est qu'il parle beaucoup, notamment à la presse. Et il lui arrive de se contredire, parfois devant la police et ça c’est plus embêtant. Ce que nous avons révélé lundi c’est qu’il a été entendu une première fois au titre de témoin il y a un an sur un certain nombre de points qui intriguaient les enquêteurs. A cette occasion, on lui a demandé s’il avait rencontré ministre, président, conseiller… pour évoquer l’arbitrage. Il a juré que non. Or, aujourd’hui, on sait que c’est faux. Agendas et témoins attestent que Tapie a eu des rendez-vous avec Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et son adjoint M.Perol. Il a aussi déjeuné avec Christine Lagarde et a rencontré son adjoint Stéphane Richard. Il y a des preuves qui attestent que ces rendez-vous concernaient l’arbitrage. On est en face d’un mensonge ».

« Logique que Tapie soit mis en examen »

Si le calendrier permet de connaitre le nombre de rendez-vous de Bernard Tapie à l’Elysée, et ceux avec Nicolas Sarkozy, il est en revanche difficile d’affirmer que tous concernaient l’arbitrage en particulier, explique encore Fabrice Lhomme sur rmc ce mardi matin. « Ce que l’on peut dire, c’est que sur les nombreux rendez-vous qui lui sont attribués, il y en a certains dont on est sûr que l’arbitrage a été évoqué. S’il est de bonne foi quand il dit qu’il a été floué, on peut comprendre qu’il remue ciel et terre pour faire valoir ses droits. Ce qui est anormal, c’est de dire d’un côté : "j’ai été floué on me doit de l’argent". Et de l’autre de dire qu’on n’en a jamais parlé à personne. Cette contradiction apparaît évidente aujourd’hui. Et c’est au cœur des interrogations des enquêteurs. Aujourd’hui, il serait logique que Bernard Tapie soit mis en examen car on est devant une incrimination qui est l’escroquerie en bande organisée. S’il y a eu escroquerie, c’est que quelqu’un profite de l’escroquerie. Or celui qui est censé avoir profité de cette escroquerie, selon les juges, c’est Bernard Tapie ».

« Lagarde et Richard se renvoient la balle »

L'autre élement qui permet à Fabrice Lhomme de douter concerne Christine Lagarde et Stéphane Richard. En effet, il assure que les deux se renvoient la balle afin d'être le moins impliqué possible dans cette affaire. « On voit bien que dans le dossier, Christine Lagarde et Stéphane Richard se renvoient la balle. Lagarde dit qu’elle déléguait à Stéphane Richard, et lui, dit qu’il ne pouvait pas faire quoique ce soit sans l’aval de Christine Lagarde. Christine Lagarde et Stéphane Richard sont deux dans la tempête judiciaire et aucun ne veut porter le chapeau ».

dossier :

Affaire Tapie

Tugdual de Dieuleveult avec Jean-Jacques Bourdin