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Syrie: une "petite centaine" de jihadistes français aux mains des kurdes selon Le Drian

Selon Jean-Yves Le Drian, une "petite centaine" de jihadistes français ont été arrêtés par les forces kurdes en Syrie.

Dans le dossier syrien, Jean-Yves Le Drian marche sur des œufs. Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères confirme, à l'heure où la Turquie mène une offensive contre une milice kurde dans le nord de la Syrie, l'arrestation d'une "petite centaine" de jihadistes français par ces mêmes forces. Constatant que le "signalement de ces jihadistes dans une zone encore en conflit reste très compliqué", l'élu breton s'en tient à un état de fait:

"Ce sont des combattants. Ils sont français mais ce sont nos ennemis. La conclusion c’est qu’ils seront jugés par ceux qu’ils ont combattus", affirme Jean-Yves Le Drian.

Le ministre est d'autant plus évasif sur la question des prisonniers français capturés par les kurdes qu'il affirme par ailleurs, dans les cas judiciaires où le procès a lieu dans un Etat de droit, que la France interviendra dans les cas où la peine de mort serait en jeu.

Processus politique

S'il assure aux Kurdes "l'amitié" de la France, le patron du quai d'Orsay ménage également la Turquie, acteur régional incontournable dans le conflit.

"On peut comprendre que la Turquie veuille assurer la sécurité de ses frontières, c’est un droit légitime, mais assurer la sécurité de ses frontières, ça ne veut pas dire tuer des civils. Il ne faudrait pas rajouter en Syrie de la guerre à la guerre. Daesh n’est pas vaincu définitivement en Syrie", prévient Jean-Yves Le Drian.

Le chef de la diplomatie insiste sur la "nécessité" de "faire en sorte que le processus politique politique puisse s’engager, pour assurer la sécurité des frontières, y compris de la Turquie, et pour assurer à l’intérieur de la Syrie, le fait que les différentes communautés puissent vivre en paix". 

Armes chimiques

Un vœu dont la réalisation semble bien lointaine, puisque Jean-Yves Le Drian explique avoir "toutes les indications qui montrent qu’il y a usage du chlore par le régime en ce moment en Syrie" contre la population. "Nous le constatons et nous le condamnons", affirme le ministre, qui tente de faire oublier l'impuissance de la communauté internationale face à une Russie déterminée à soutenir le régime de Bachar el-Assad.

"À partir du moment où la Russie a bloqué toute condamnation de la Syrie au Conseil de sécurité des Nations unies, nous avons pris une initiative: nous engageons avec trente pays différents un partenariat pour lutter contre l’impunité de tous ceux qui utilisent l’arme chimique. Nous avons décidé de rendre public tous ceux qui interviennent dans l’élaboration d’armes chimiques, et nous les avons sanctionnés par interdiction bancaire", fait valoir l'ancien socialiste. 

Louis Nadau