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Sondage: 53% des Français favorables à la mobilisation contre la réforme du travail

Manifestation contre la réforme du Code du travail, le 12 septembre 2017 à Nantes.

Manifestation contre la réforme du Code du travail, le 12 septembre 2017 à Nantes. - Loïc Venance - AFP

53% des Français sont favorables au mouvement de protestation contre la réforme du code du travail, selon un sondage "L'Opinion en direct" de l'institut Elabe pour BFMTV. Si plus de 8 sondés sur 10 pensent que cela va "libérer l'entreprise", une majorité estime que les droits des salariés sont menacés.

La protestation contre la réforme du code du travail continue. Après une première journée de manifestations à l’appel de la CGT le 12 septembre, plusieurs organisations syndicales, étudiantes et politiques ont appelé à se mobiliser au cours du mois de septembre.

Un mouvement de protestation approuvé par une majorité de Français, selon le sondage "L'Opinion en direct" réalisé par l’institut Elabe pour BFMTV. En effet, 53% des sondés ont déclaré leur "soutien" (27%) ou leur "sympathie" (26%) à la mobilisation des organisations syndicales et étudiantes. 22% y sont franchement "opposés" ou "hostiles", et un quart y est indifférent.

Une majorité de Français favorables à la mobilisation

Le plus gros soutien vient des ouvriers: un peu plus de 60% sont favorables au mouvement. A noter qu’il apparaît une légère fracture au sein des catégories socio-professionnelles favorisées (CSP+): alors que plus d’un tiers des cadres sont contre, une grosse majorité (56%) des professions intermédiaires sont pour. Les employés expriment eux leur aval à 59%.

D’un point de vue politique, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Hamon sont les plus fervents soutiens de la mobilisation (respectivement 80% et 79%). Près des deux tiers de l’électorat de premier tour de Marine Le Pen approuvent. Sans grande surprise, c’est parmi les sympathisants LREM que le taux de soutien est le plus bas: 22%.

Par ailleurs, cette mobilisation contre la réforme du droit du travail semble susciter une plus grande approbation que celle contre la loi El Khomri (50% de soutien en mars 2016, 48% en mai 2016).

65% pensent que les droits des salariés sont menacés

D’après le sondage Elabe, plus de 8 Français sur 10 pensent que la réforme du Code du travail va "donner plus de liberté aux entreprises". Ce taux atteint presque 90% chez les commerçants, les artisans et les retraités. En revanche, près des deux tiers des sondés (65%) estiment aussi que c’est une "menace pour les droits des salariés" et plus de six Français sur 10 (63%) ne pensent pas que cela "permettra de créer des emplois".

La peur de conséquences négatives pour les droits des salariés se ressent dans toutes les catégories socio-professionnelles, même si les ouvriers sont les plus nombreux (76%) à craindre la réforme. Les cadres restent une majorité (58%) à partager la même inquiétude.

Sur le spectre politique, les sympathisants LREM sont les moins inquiets (25%), à l’inverse de la gauche non-socialiste (87%). Une minorité (46%) de l’électorat au premier tour de François Fillon considère que cette réforme pourrait menacer les droits des salariés.

Près de deux tiers des sondés contre le plafonnement des indemnités prud’homales

En répondant au sondage "L’Opinion en direct", les sondés ont été invités à se prononcer sur neuf mesures. L’augmentation de 25% des indemnités légales de licenciement récolte le plus d’opinions favorables, avec l’aval de 8 Français sur 10. La possibilité pour un employeur d’organiser un "référendum d’entreprise" dans les entreprises de moins de 20 salariés, ainsi que la fusion des instances représentatives en un "comité social et économique" recueillent une adhésion de 70 et 65% des personnes interrogées.

En revanche, les autres mesures reçoivent un accueil plus mitigé: la réduction du délai de saisine des prud’hommes (52% de favorables), l’assouplissement de la réglementation du recours au CDD et à l’intérim (49%), la primauté des accords d’entreprise sur ceux de la branche dans plusieurs domaines (50%) et la modification du périmètre d’appréciation des difficultés économiques pour engager un plan social (52%).

La généralisation des contrats de projet (des CDI dont le motif de rupture est prévu dans le contrat) et le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif récoltent respectivement 54% et 64% d’avis négatifs.

Les cadres plutôt favorables aux réformes

Les cadres sont là encore plutôt favorable aux réformes, si ce n’est le plafonnement des indemnités prud’homales auquel ils ne sont favorables qu’à 43%. Cette mesure cristallise les rejets à travers toutes les catégories socio-professionnelles.

Un rejet plus important des différentes mesures apparaît auprès des ouvriers, même s’ils restent plutôt favorables à l’augmentation des indemnités légales de licenciement (77%) et au "référendum d’entreprise" (52%).

D’un point de vue politique, les électeurs d’Emmanuel Macron et François Fillon sont les plus grands soutiens des réformes prévues, contrairement à ceux de Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Marine Le Pen.

Échantillon de 1051 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 19 et 20 septembre 2017.

Liv Audigane