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"Quand j'ai vu les parents, j'ai vu les miens": Rachida Dati évoque avec émotion la mort de Zyed et Bouna

Rachida Dati

Rachida Dati - THOMAS SAMSON / AFP

La candidate à la mairie de Paris est revenue sur la mort des deux adolescents en 2005, à l'issue d'une course-poursuite avec la police. Elle travaillait à l'époque au cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur.

Après la mort de George Floyd le 25 mai, un Afro-Américain tué par un policier blanc lors de son interpellation, la question des violences policières est remise sur le devant de la scène, conduisant à des manifestations massives dans le monde entier et notamment en France. Invitée sur le plateau de Canal+ pour l'émission Clique mardi, Rachida Dati a été interrogée, dans ce cadre-là, sur la mort de Zyed et Bouna le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois. Ils étaient âgés de 17 et 15 ans.

Les deux adolescents étaient morts électrocutés dans un transformateur EDF où ils s'étaient cachés, tentant d'échapper à des policiers qui les poursuivaient. Le drame avait provoqué plusieurs semaines d'embrasement dans les banlieues françaises.

"On a reçu les familles"

Mardi, l'ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy a été confrontée au témoignage du grand frère de Bouna Traoré, enregistré en 2015. Une séquence qui n'a pas laissée indifférente la candidate à la mairie de Paris. À cette époque, Rachida Dati travaillait au cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur.

"On a reçu les familles. Je me souviens de cet entretien, j'y étais. Quand j'ai vu les parents (de Zyed Benna et Bouna Traoré, NDLR), j'ai vu les miens", a confié Rachida Dati, visiblement émue.

L'ancienne ministre de la Justice a elle-même grandi dans un quartier populaire.

"J'ai pas oublié"

Revenant à l'actualité, la candidate Les Républicains (LR) a confessé ne pas avoir supporté le visionnage de la séquence qui a conduit à la mort de George Floyd. "Quand j'ai vu George Floyd sous le genou de ce policier, je n'ai pas pu finir la vidéo parce que j'en ai vu des jeunes qui étaient interpellés et qui ne revenaient pas", a-t-elle dit, avant de rappeler d'autres moments qui l'avaient profondément marquée, comme lors de la mort du petit Sid-Ahmed, 9 ans, victime d'une balle perdue à La Courneuve en 2005, ou celle de Sohane, 17 ans, morte après avoir été brûlée vive en 2002 à Vitry-sur-Seine.

Après la mort de Sid-Ahmed, l'ancienne ministre se souvient s'être rendue chez la famille du petit garçon, "des enfants qui faisaient leurs devoirs par terre". "J'ai pas oublié", ajoute-t-elle. Elle se rappelle avoir vu les parents de Sohane: "Je me souviens de ce père qui pleurait dans le bureau de Nicolas Sarkozy", se remémore-t-elle.

"Quand vous disiez tout à l'heure 'On n'a pas changé, on n'a pas fait grand chose', mais on fait comme on peut, c'est comme dans votre vie, vous faites comme vous pouvez", s'est ensuite justifiée Rachida Dati.
Clarisse Martin