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Selon Marine Le Pen, Emmanuel Macron veut "abattre" le Rassemblement national

En difficulté financière et judiciaire, le Rassemblement national contre-attaque sur le plan politique.

C'était une tradition du Front national, à laquelle le Rassemblement national semble vouloir rester fidèle: en grande difficulté financière après la saisie de deux millions d'euros de subventions publiques dans l'affaire des emplois présumés fictifs au Parlement européen et la baisse des adhésions au parti, la formation d'extrême droite ravive son discours victimaire

Assassinat politique

À en croire la présidente du parti et ses lieutenants, le Rassemblement national est victime d'un acharnement judiciaire, sinon ordonné, au moins permis par l'Elysée. 

"Nos adversaires politiques veulent la faillite du Rassemblement national. Quand j’entends le président de la République dire que le Rassemblement national n’est pas un adversaire politique mais un ennemi. Ça veut donc dire qu’il entend mettre en œuvre tout ce qui est en son pouvoir pour nous abattre, pour nous faire disparaître de la vie politique du pays", s'insurge ainsi Marine Le Pen, sur notre antenne ce dimanche. Ces déclarations sont très graves. Dans une République et une démocratie, de tels propos ne sont pas admissibles.

La fille de Jean-Marie Le Pen voit dans les déboires judiciaires et financiers du Rassemblement national une marque de crainte politique du pouvoir macroniste.

"Peut-être que la charge est d’autant plus dure que nos idées sont en train d’avancer non seulement en France, mais aussi dans toute l’Europe ?", demande Marine Le Pen. 

L'institution judiciaire mise en cause

Comme lors de l'élection présidentielle perdue, la représentante de l'extrême droite "dédiabolisée" s'en prend à l'institution judiciaire, estimant que "les deux magistrats qui ont fait un hold-up sur nos dotations publiques sont très proches du Syndicat de la magistrature, c’est-à-dire un syndicat d’extrême gauche".

"On nous fera tout, mais on est encore là", assure-t-elle néanmoins. "Nous avons fait appel de la décision de ces deux magistrats. Je ne désespère pas que nous ayons gain de cause."

"Scandale démocratique"

Devant les difficultés du Rassemblement national, Marine Le Pen appelle "tous les Français, quelle que soit leurs opinions politiques", à s'insurger contre ce qu'elle juge être un "scandale démocratique". Elle tonne ainsi:

"Depuis trois mois, nous, premier parti d’opposition de France, sommes empêchés de pouvoir faire connaître aux Français nos positions, empêchés de porter par des tracts, par des affiches, les critiques qui sont pourtant légitimes à l’encontre du pouvoir, empêchés de remplir notre rôle dans une démocratie."

Le Rassemblement national sera fixé le 26 septembre sur son appel et le sort des deux millions d'euros saisis par les juges. 

Louis Nadau