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Sarkozy réfléchirait à la présence de jurés en correctionnelle

Selon le député UMP du Nord Christian Vanneste, Nicolas Sarkozy réfléchit à l'installation de jurés populaires auprès des magistrats professionnels des tribunaux correctionnels pour "rapprocher le peuple de la justice". /Photo prise le 3 septembre 2010/RE

Selon le député UMP du Nord Christian Vanneste, Nicolas Sarkozy réfléchit à l'installation de jurés populaires auprès des magistrats professionnels des tribunaux correctionnels pour "rapprocher le peuple de la justice". /Photo prise le 3 septembre 2010/RE - -

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy réfléchit à l'installation de jurés populaires auprès des magistrats professionnels des tribunaux correctionnels...

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy réfléchit à l'installation de jurés populaires auprès des magistrats professionnels des tribunaux correctionnels pour "rapprocher le peuple de la justice", a indiqué vendredi un député UMP.

Cette "piste de réflexion", rapporte Christian Vanneste, député du Nord, a surgi lors d'une rencontre à l'Elysée jeudi entre le chef de l'Etat et des députés de la sensibilité Droite populaire où ont été abordés de récents faits divers comme le meurtre d'une joggeuse près de Lille par un homme déjà condamné pour viol.

Christian Vanneste dit avoir évoqué "l'effet déplorable des décisions judiciaires récentes, sur la confiance que la justice peut inspirer au peuple". La semaine dernière, Nicolas Sarkozy avait jugé "difficilement compréhensible" la remise en liberté sous contrôle judiciaire, par un magistrat, du second braqueur présumé du casino d'Uriage-les-Bains, près de Grenoble.

Lors de la discussion, des députés ont avancé l'idée d'introduire des jurés populaires dans les tribunaux correctionnels, le peuple n'était pas assez associé à leurs yeux aux décisions de justice. Les jurés populaires ne siègent que dans les cours d'assises pour juger des crimes. Les délits sont jugés par des magistrats professionnels.

"Nicolas Sarkozy a dit que l'idée était intéressante et qu'elle appartenait à l'initiative de parlementaires", a expliqué à Reuters Christian Vanneste.

Selon le député, les sanctions sont en général moins lourdes lorsqu'elles sont rendues par des magistrats professionnels.

Pour donner une suite à cette idée, lui-même et d'autres élus de sa sensibilité ont décidé de préparer des textes de loi dans ce sens.

Christian Vanneste a réfuté l'idée selon laquelle un tel système serait très lourd à instaurer. Mais il a reconnu que l'introduction de jurés populaires "aura un coût" pour le budget de la justice.

La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, avait indiqué au début de l'été qu'il n'était pas envisagé de supprimer ni les jurés populaires dans les cours d'assises ni cette juridiction, comme l'avait proposé un groupe de réflexion sur la réforme des procès pénaux.

En revanche, la ministre a confirmé étudier la création d'un tribunal criminel, intermédiaire entre le tribunal correctionnel et la cour d'assises pour lutter contre "le phénomène inquiétant de la déqualification de certains crimes en délits".

Gérard Bon, édité par Gilles Trequesser