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Sarkozy et le "FNPS": une "formule choc à défaut d'idées claires" pour le PS

Nicolas Sarkozy au Salon de l'Agriculture, le 25 février 2015.

Nicolas Sarkozy au Salon de l'Agriculture, le 25 février 2015. - Miguel Medina - AFP

Nicolas Sarkozy a détourné dans une interview une des expression fétiches du Front national, transformant l'"UMPS" en "FNPS". Les deux partis visés ont aussitôt réagi.

Nicolas Sarkozy se refuse à tout "pronostic" pour les élections départementales des 22 et 29 mars mais glisse une petite phrase pour mettre en garde contre le "FNPS". "Voter FN au premier tour, c'est faire gagner la gauche au second", estime le président de l'UMP dans un entretien lundi au Figaro.

"Voter pour le FN au premier tour, c'est faire gagner la gauche au second. C'est le FNPS! Voter pour l'UMP n'a jamais en revanche fait gagner la gauche. Voter FN, si. La seule réalité électorale, c'est le FNPS", affirme le président de l'UMP, renvoyant à une des expression fétiche du Front national.

"Une blague" aux yeux du FN

La présidente du FN, Marine Le Pen, emploie en effet très souvent l'expression "UMPS" pour renvoyer dos à dos UMP et PS. Mais la comparaison n'a pas lieu d'être, selon l'état major du FN.

"L'UMPS est une réalité, FNPS c'est juste une blague", balaie Florian Philippot, vice-président du Front national, au micro de BFMTV.

"Il suffit de voir la virulence avec laquelle nous attaquent François Hollande, Manuel Valls et le Parti Socialiste pour comprendre que cela n'a strictement aucun sens. Et c'est pour cela que la sortie de monsieur Sarkozy est assez comique" tranche-t-il.

Le PS inquiet de l'"hémorragie" des électeurs UMP vers le FN

A gauche, l'expression utilisée par Nicolas Sarkozy ne passe pas. "A défaut d'avoir des idées claires, il a des formules choc", tacle Alexis Bachelay sur BFMTV. Le député socialiste des Hauts-de-Seine redoute qu'en utilisant ce type de formules'"au lieu d'arrêter l'hémorragie d'électeurs UMP qui vont vers le Front National,(...) Nicolas Sarkozy n'accélère le processus"."Et en tant que républicain, je crois que cela doit nous inquiéter", avertit-il à son tour.

Le secrétaire d'Etat à la Simplification renvoie lui aussi la balle du côté de l'UMP. Sur France 2, Thierry Mandon a mis en cause "la faiblesse du programme de l'UMP" pour expliquer la progression du FN et qualifié la remarque de Nicolas Sarkozy d'"incompréhensible. Sur iTELE, Jean-Marie Le Guen, en charge des Relations avec le parlement, a également commenté cette formule: "Je trouve ça assez consternant. Ce sont des jeux politiciens qui ne veulent rien dire à personne"."Ce qui me choque dans cette affaire et qui sera grave à mon avis pour lui, c'est qu'il ne combat pas le FN sur le terrain des idées, des valeurs", a poursuivi Jean-Marie Le Guen. "Il croit pouvoir s'en sortir par une petite manoeuvre politicienne. Ca ne parle plus à personne".

Dans les colonnes du quotidien, l'ancien président de la République justifie sa comparaison en s'appuyant sur les résultats des élections législatives partielles dans le Doubs: "Pour les départementales, je ne ferai aucun pronostic, car je ne suis pas commentateur de la vie politique. Je dis simplement à ceux qui ont voté Front national dans le Doubs: voter Front national a conduit à l'élection d'un député socialiste de plus", a analysé Nicolas Sarkozy.
A. D.