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Rugy, un "écolo libéral" pour succéder à Hulot

François de Rugy

François de Rugy - ERIC FEFERBERG / AFP

D'abord membre d'Europe Écologie Les Verts, puis candidat à la primaire citoyenne du Parti socialiste, avant de finalement rejoindre La République en marche et le perchoir, François de Rugy, qui succède à Nicolas Hulot, est le seul écologiste de poids au sein de la majorité.

Seul écologiste de poids de la majorité, le président de l'Assemblée nationale François de Rugy a pris mardi la succession de Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique et solidaire. À 44 ans, François Goullet de Rugy - son nom complet - obtient pour la première fois un portefeuille ministériel.

Adepte du "compromis"

Député écologiste de Loire-Atlantique depuis 2007, François de Rugy est aujourd'hui élu du groupe La République en marche, après avoir co-présidé jusqu'en mai 2016 le groupe écologiste à l'Assemblée, puis être brièvement passé par le groupe socialiste. Régulièrement en rupture avec son ancien parti Europe Écologie Les Verts, dont-il dénonçait la "dérive gauchiste" lors de son départ en 2015, François de Rugy incarne une ligne libérale, de loin la plus" macrono-compatible", dans la famille écologiste.

Lors de la primaire citoyenne, François de Rugy affirmait ainsi "assumer une approche pragmatique de l’économie" et souhaitait notamment "continuer de baisser le coût du travail". Favorable à la déchéance de nationalité et à la loi renseignement pendant le quinquennat de François Hollande, l'ancien adjoint de Jean-Marc Ayrault à la mairie de Nantes s'était prononcé "contre" l'abrogation de la loi Travail et pour la suppression de l'ISF. En 2015, il avait publié un livre, resté confidentiel, mais dont le titre résume nettement ses positions: Écologie ou gauchisme: il faut choisir !

"Je suis pour une écologie démocrate, qui passe par des compromis. C’est certes un peu plus long. Mais je préfère l’élection et les moyens légaux à la casse ou au sabotage", y écrivait celui qui fustige volontiers les zadistes. 

Virages

Ancien adjoint du maire de Nantes Jean-Marc Ayrault, ce n'est pas un macroniste de la première heure, ni un membre du premier cercle du président. Candidat malheureux à la primaire organisée par le PS et ses alliés pour la présidentielle, il avait annoncé, après n'avoir obtenu que 3,82% des suffrages, son ralliement à Emmanuel Macron, en dépit de son engagement à soutenir le vainqueur Benoît Hamon. "Je préfère la cohérence à l'obéissance", tentait François de Rugy.

Un soutien "payant", puisque François de Rugy avait conquis le Perchoir au début du mandat d'Emmanuel Macron, après avoir été réélu député sous étiquette LaRem, avec 66,14% des voix. 

Louis Nadau avec AFP