BFMTV

Remaniement imminent pour la dernière ligne droite du quinquennat

François Hollande et Manuel Valls à l'Elysée, le 10 février 2016

François Hollande et Manuel Valls à l'Elysée, le 10 février 2016 - STEPHANE DE SAKUTIN, AFP

La cote de popularité du chef de l'Etat s'est effondrée ces dernières semaines après une remontée spectaculaire au lendemain des attentats du 13 novembre. Ce remaniement pourrait être le dernier du quinquennat.

Annoncé depuis des semaines, accéléré par le départ de Laurent Fabius, le remaniement du gouvernement est attendu dans les toutes prochaines heures jeudi, en tout état de cause avant l'interview du chef de l'Etat dans les JT de 20h00 de TF1 et France 2.

Les deux têtes de l'exécutif, François Hollande et Manuel Valls, "devaient se parler mercredi soir et poursuivre éventuellement leurs concertations jeudi dans la journée", selon l'entourage du président.

Le départ du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius pour la présidence du Conseil constitutionnel, acté dès mercredi, a donné le coup d'envoi de ce qui pourrait bien être la dernière évolution majeure de l'équipe gouvernementale avant la présidentielle de 2017.

Mais le mouvement avait été déjà amorcé fin janvier avec la démission de Christiane Taubira, remplacée à la tête du ministère de la Justice par le "vallsiste" Jean-Jacques Urvoas.

Laurent Fabius à la sortie du conseil des ministres le 10 février 2016 à l'Elysée à Paris
Laurent Fabius à la sortie du conseil des ministres le 10 février 2016 à l'Elysée à Paris © STEPHANE DE SAKUTIN, AFP

Depuis, les rumeurs battent leur plein. Laurent Fabius s'en est lui-même amusé, relevant la pléthore de "candidats à (sa) succession". Les noms de Ségolène Royal, Jean-Marc Ayrault, Elisabeth Guigou ou du jeune secrétaire d'Etat Matthias Fekl ont été avancés parmi d'autres dans la presse, les deux premiers ayant semble-t-il une longueur d'avance.

Sur le fond cependant, relève un proche du chef de l'Etat, ce dernier doit "à tout prix élargir sa base politique" dans la perspective de 2017.

"Avec les deux tiers des socialistes et trois radicaux de gauche au gouvernement, il manque le reste de la famille. Or, on ne peut pas aborder une présidentielle sans une famille socialiste rassemblée derrière son candidat et sans les écologistes", analyse cet intime.

François Hollande l'a toujours dit depuis que les Verts ont claqué la porte du gouvernement en mars 2014, lors de l'entrée de Manuel Valls à Matignon: cette porte reste ouverte.

Mais encore faut-il savoir à quels Verts. Depuis le refus de Nicolas Hulot, plusieurs hypothèses circulent, dont celles de Barbara Pompili, François de Rugy ou Jean-Vincent Placé, qui ont quitté cet été Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

"Le meilleur joueur à chaque poste"

La secrétaire nationale du parti, Emmanuelle Cosse, pouvait constituer une belle prise aussi, emmenant sa formation avec elle.

Ségolène Royal et Bernard Cazeneuve à la sortie du conseil des ministres le 10 février 2016 à l'Elysée à Paris
Ségolène Royal et Bernard Cazeneuve à la sortie du conseil des ministres le 10 février 2016 à l'Elysée à Paris © STEPHANE DE SAKUTIN, AFP

Las, les porte-parole d'EELV sont sur une toute autre ligne. Les conditions pour un retour des Verts au gouvernement ne sont pas "réunies", ont-ils estimé mercredi soir, assurant en outre que les ministrables du parti, Emmanuelle Cosse ou Denis Baupin, n'avaient pas été "contactés".

Du côté des radicaux de gauche, un portefeuille pourrait être attribué au patron du parti Jean-Michel Baylet afin de compenser le départ de la ministre PRG du Logement Sylvia Pinel pour la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

Selon un autre proche du chef de l'Etat, "la cohérence, la compétence et l'expérience" joueront également un rôle majeur pour décider du casting de la nouvelle équipe avec un objectif: "avoir le meilleur joueur à chaque poste".

Jean-Michel Baylet quitte l'Elysée, le 22 janvier 2016 à Paris
Jean-Michel Baylet quitte l'Elysée, le 22 janvier 2016 à Paris © JACQUES DEMARTHON, AFP/Archives

Ce qui plaiderait plutôt en faveur du maintien de Jean-Yves Le Drian à la Défense même si cette fonction conjuguée à celle de président de la Région Bretagne représente une entorse à la charte déontologique signée par les membres du gouvernement.

Quoi qu'il en soit, l'exécutif a fort à faire s'il entend profiter de ce remaniement pour redorer son blason dans l'opinion à quinze mois de la fin du quinquennat.

La cote de popularité du chef de l'Etat s'est effondrée ces dernières semaines après une remontée spectaculaire au lendemain des attentats du 13 novembre.

Trois Français sur quatre (75%) considèrent que sa réélection en 2017 n'est pas "souhaitable" et seuls 16% jugent le duo Hollande/Valls "à la hauteur des enjeux", selon des sondages publiés cette semaine.

Par Hervé ASQUIN, Paris (AFP), © 2016 AFP