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Régionales dans le Grand Est : Masseret refuse toujours de se retirer

En dépit des consignes du patron PS Jean-Christophe Cambadélis, le candidat socialiste dans le Grand Est refuse toujours de se retirer pour le second tour des élections régionales. Retour sur une série de rebondissements.

Y aura-t-il trois régions où le PS se retirera pour le second tour des élections régionales? Après le retrait de Pierre de Saintignon dans la Nord-Pas-de-Calais-Picardie et de Christophe Castaner en Paca, le socialiste Jean-Pierre Masseret ne renonce toujours pas dans le Grand Est en dépit de l'annonce de Jean-Christophe Cambadélis ce lundi matin sur RTL.

"Nous nous retirerons", a pourtant certifié le patron du PS. "Quand on se retire, ce n'est pas pour bouder, c'est pour gagner", a-t-il ajouté.

De son côté, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a jugé sur Europe 1 "que Jean-Pierre Masseret, compte tenu des résultats, devrait prendre la mesure de la situation et se retirer".

Mais, selon nos informations, la tête de liste PS dans le Grand Est résiste toujours au "barrage républicain" au Front national demandé par le chef de file des socialistes. Contacté par SMS ce lundi matin, Jean-Pierre Masseret a confirmé à BFMTV son refus à se rétracter.

"Sa décision est claire et nette depuis dimanche soir. Il a toujours dit non", a rappelé Patrick Sauce, notre envoyé spécial dans la région.

"Depuis 10h30, Jean-Pierre Masseret réunit ses colistiers dans son quartier général en banlieue messine (...) C'est là que tout va se décider", rapporte notre journaliste. "Dans son entourage proche, on continue de faire bloc derrière lui mais c'est plus fissuré du côté des personnalités socialistes de la grande région", à l'instar des maires socialistes de Metz et Strasbourg, qui appellent au retrait. Une fusion avec la liste de Philippe Richert (UD) reste toutefois exclue.

"Je laisse Jean-Pierre Masseret et le parti socialiste décider, sachant que s'ils ne se retirent pas, évidemment, ils favorisent le FN", a déclaré le candidat de droite sur France Bleu Alsace.

Le dépôt des listes pour le second tour doit se faire avant mardi, 18 heures, en Préfecture.

Rebondissements

Au soir du premier tour des élections régionales, Jean-Christophe Cambadélis avait appelé au retrait des listes socialistes "dans les régions où la gauche ne devance pas la droite". Crédité de 16,11% des voix, derrière Philippe Richert (UD) avec 25,82% et Florian Philippot (FN) avec 36,06%, Jean-Pierre Masseret est donc concerné par la demande du patron du PS.

Dimanche soir, l'actuel président de la région Lorraine persistait:

"Je suis un homme de gauche et vous n’imaginez quand même pas que je vais laisser 5,5 millions d’habitants gérés entre une droite qui est partie à l’extrême ou l’extrême droite nationaliste."

"Vous pensez que cela peut se faire sans des hommes et des femmes de gauche défendant finalement nos valeurs, ce à quoi nous croyons, ce à quoi nous nous battons depuis près d’un siècle et demi pour le peuple de France?", s’est interrogé le candidat socialiste en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.

P.P.