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Quand Valls défie Sarkozy

Manuel Valls et Nicolas Sarkozy s'étaient croisés en mars dernier au parc des Princes, à l'occasion d'un match du PSG.

Manuel Valls et Nicolas Sarkozy s'étaient croisés en mars dernier au parc des Princes, à l'occasion d'un match du PSG. - Martin Bureau - AFP

Le Premier ministre a évoqué sans le citer Nicolas Sarkozy, prenant acte de son retour annoncé. Une façon pour Manuel Valls, critiqué dans son propre camp, de rassembler à gauche autour d'un adversaire commun.

L'allusion a été claire. Mardi, lors de son discours de politique générale, Manuel Valls a expliqué être prêt à la confrontation avec la droite, chiffre contre chiffre et "projet contre projet". Plus tard, on l'a entendu évoquer un "débat" qui "doit s'ouvrir pleinement, y compris avec un ancien président de la République".

Sans jamais citer son nom, le Premier ministre a donc pris acte du retour annoncé de Nicolas Sarkozy. Mais derrière la reconnaissance de son rival, Manuel Valls cherche d'abord à répondre à ceux qui seraient tentés, à gauche, de concentrer leurs critiques sur l'exécutif.

Sarkozy, ballon d'oxygène pour Valls?

Par la même occasion, le Premier ministre tente de ressouder sa majorité autour d'un adversaire commun. "Depuis des mois il ne débat pas avec un adversaire politique mais avec son propre camp", analyse Laurent Neumann, éditorialiste politique sur BFMTV." Il doit se sortir de là! Et pour cela, Nicolas Sarkozy peut représenter un vrai ballon d'oxygène".

Mais cela suffira-t-il à convaincre les frondeurs du PS? Mardi, 32 d'entre eux se sont abstenus lors du vote de confiance. Pour Laurent Baumel, qui fait partie des abstentionnistes, Manuel Valls "a raison de souligner qu'il y a une différence entre la politique qu'il mène et celle que pourrait mener l'UMP. Pour autant, nous sommes au pouvoir et les Français jugeront notre bilan à nous". La méfiance reste de mise.

Quant aux proches de Nicolas Sarkozy, ils ne voient pas l'affrontement avec Manuel Valls d'un œil très positif. "S'il s'engage dans la vie publique, ce n'est pas pour un débat avec tel ou tel, mais pour un dialogue vrai et profond avec les Français", souligne ainsi le député européen Brice Hortefeux, proche de l'ancien Président. Car pour Nicolas Sarkozy, il s'agit de rester au-dessus de la mêlée. Et de s'opposer directement à François Hollande, dans un duel de présidents.

A. K. avec Antoine Heulard et Antoine Vassas