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La confiance votée, que retenir du discours de Valls?

Manuel Valls, mardi, face à l'Assemblée nationale.

Manuel Valls, mardi, face à l'Assemblée nationale. - Patrick Kovarik - AFP

En trois quarts d'heure, Manuel Valls a voulu convaincre les députés du cap choisi par l'exécutif. Il a obtenu une majorité avec seulement 25 voix de différence. Voici ce qu'il faut en retenir.

Il est arrivé sous les applaudissements de politesse de la gauche, il est reparti devant un hémicycle pour moitié debout après une anaphore sur les mots "Soyons fiers". Durant 45 mn, Manuel Valls s'est tenu face à une Assemblée quasi-comble, qui a alterné entre sifflements et approbations. Au final, la confiance a été votée: 269 votes pour, 244 contre. Quelque 32 députés socialistes se sont par ailleurs abstenus.

Voici ce qu'il fallait retenir de son discours (pour le résumé sous forme d'infographie, c'est par ici).

> Les trois annonces

Le Premier ministre, qui a étonnamment commencé par l'international, domaine que l'on pensait réservé au discours du président de la République prévu jeudi, a fait quelques annonces politiques.

La "prime exceptionnelle" versée aux petites retraites a été confirmée, mais le montant reste inconnu. Le minimum vieillesse, lui, sera réévalué à 800 euros par mois, contre 792 actuellement, mais ce n'est pas une surprise: en avril dernier, Manuel Valls avait déjà annoncé le gel des prestations sociales sauf le minimum vieillesse, qui serait revalorisé.

Six millions de ménages verront leurs impôts reculer d'ici à fin 2015: "Un premier pas a été accompli en direction de plus de quatre millions de ménage, dès cette rentrée. Et nous poursuivrons ce mouvement en 2015", a promis le Premier ministre.

Sur le calendrier électoral, il a précisé que les élections départementales seront "maintenues en mars 2015" et les régionales auront lieu "fin 2015". Si cette proposition est votée par le Parlement, les deux scrutins seront donc disjoints, alors que le gouvernement avait envisagé qu'ils se tiennent le même jour, en décembre 2015.

> Le tacle à Angela Merkel

S'il s'est engagé à "maîtriser les dépenses publiques" et à faire, comme promis, 50 milliards d'euros d'économies d'ici à 2017, Manuel Valls a fustigé un "euro trop cher". Il s'en est ensuite pris à Berlin, réclamant à l'Allemagne de "prendre ses responsabilités" face à la faible croissance en Europe. "La France décide elle seule de ce qu'elle doit faire" en termes économiques et budgétaires, a-t-il conclu, visant Berlin mais aussi la Commission européenne.

> La mise en garde au Medef

Si Manuel Valls n'a pas renié son amour pour les entreprises, "qui créent de la richesse et donc de l'emploi", il s'est montré beaucoup plus sévère envers le syndicat du patronat, qui a formulé des propositions choc lundi pour l'emploi en France. "Personne - et je le dis clairement au patronat - ne doit prendre le risque d'affaiblir, par je ne sais quelle provocation, par je ne sais quelle surenchère, l'indispensable dialogue social qui est la marque de ce quinquennat", a tranché le chef du gouvernement. A Pierre Gattaz, qui affirmait plus tôt dans la journée que "notre modèle social a vécu", Manuel Valls a répondu. "Notre modèle social n'a pas vécu. Il n'est pas dépassé."

> Les anaphores du Premier ministre

La mode avait été lancé par Francois Hollande, alors candidat à la présidentielle, qui avait mis K.O. Nicolas Sarkozy par la désormais célèbre anaphore "Moi président". La plume de Manuel Valls a repris la figure de style littéraire mardi. "Gouverner, c'est résister. Gouverner, c'est tenir. Gouverner, c'est réformer. Gouverner, c'est dire la vérité. Gouverner, c'est aller chercher la confiance, surtout quand c'est difficile", a énuméré le Premier ministre. 

Même exercice un peu plus tard, mais avec un autre verbe... "Réformer, ce n'est pas réduire le Smic. Réformer, ce n'est pas supprimer le CDI. Réformer, ce n'est pas diminuer les salaires dans la fonction publique. Réformer, ce n'est pas casser notre modèle social. Réformer, c'est affirmer des priorités en refusant l'austérité."

Et pour tenter de soulever la foule à la fin de son discours, Manuel Valls a joué sur la corde patriotique. "Soyons fiers de cette mission que nous avons reçue des Français! Soyons fiers de les représenter et de travailler pour eux! Soyons fiers de ce que nous faisons malgré les difficultés! Soyons de relever de grands défis! Soyons fiers de redresser notre pays!"

Bonus: le Premier ministre a également repris une autre figure de style, l'épiphore, autrement dit l'anaphore en fin de phrase qu'il avait déjà utilisé en août dernier. La preuve en images:

Alexandra Gonzalez