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Quand la ministre à l'Égalité femmes-hommes évoquait l'importance des "blagues à la machine à café"

La nouvelle ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno.

La nouvelle ministre de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno. - Capture d'écran BFMTV

Inconnue du grand publique, Elisabeth Moreno est une dirigeante d'entreprises de nouvelles technologies. Sur les propos sexistes, elle affirmait en 2018 que "les blagues à la machine à café [étaient] très importantes".

Inconnue en politique, la nouvelle ministre déléguée chargée de l'Égalité femmes-hommes, la Diversité et l'Égalité des chances, Élisabeth Moreno, ancienne patronne de la Tech, s'est déjà exprimée à plusieurs reprises sur le sexisme dans le monde de l'entreprise. Elle avait notamment déclaré qu'elle ne voulait surtout pas que "les hommes se sentent gênés, car ils auraient le sentiment qu’il n’y en a que pour les femmes." Des propos qui ont fait réagir des militantes féministes.

"Les blagues à la machine à café sont très importantes"

Avant de rejoindre le gouvernement ce lundi, Élisabeth Moreno était présidente depuis janvier 2019 d'HP Afrique. Auparavant, elle dirigeait le groupe Lenovo en France. Interrogée sur sa carrière en juin 2018 par le groupe de grandes écoles Ionis, la nouvelle ministre déléguée affirmait:

"Le monde de l’entreprise fonctionne avec des règles très masculines et la plupart des dirigeants sont des hommes. Quand vous êtes un homme, vous allez naturellement vers un autre homme car cela vous rassure, vous savez comment il fonctionne… J’attache beaucoup d’importance à l’éducation et à la formation des managers pour qu’ils comprennent ce que signifie la diversité, pas seulement la diversité de genres, et faire en sorte qu’on se sente à l’aise à travailler ensemble. Je ne veux surtout pas que les hommes se sentent gênés, car ils auraient le sentiment qu’il n’y en a que pour les femmes! Les blagues à la machine à café sont très importantes, car il ne faut pas qu’on se sente verrouillé et qu’on ne puisse plus s’exprimer."

Et d'ajouter que pour lutter contre le sexisme dans le monde professionnel il fallait "donner l'exemple."

Dénonçant ces propos, Caroline de Haas, militante féministe a déploré que la nouvelle ministre appartienne à l'équipe du "On ne peut plus rien dire".

Aux étudiantes, "montrer des modèles"

Sur le mouvement #MeToo et #BalanceTonPorc, la directrice de la branche française de Lenovo estimait que la France n'était pas en retard. "Les mentalités évoluent vite. Ces derniers mois encore plus qu’auparavant. Le pouvoir politique a enfin compris l’importance de l’égalité entre les hommes et les femmes dans le cadre professionnel", déclarait-elle. Concernant la place des filles dans les écoles d'ingénieurs, Élisabeth Moreno jugeait qu'il était primordial de "leur montrer des modèles".

"Il faut d’abord commencer par montrer des exemples. Plus vous en montrerez, plus les femmes réaliseront que c’est possible. Et ce ne sont pas des exemples de femmes qui se sont 'masculinisées'", estimait-elle encore.

À l'occasion de la journée du 8 Mars, Élisabeth Moreno avait toutefois confié avoir déjà fait face à des comportements sexistes, reconnaissant avoir "passé toute [s]a carrière dans un environnement professionnel très masculin (...)":

"Je me souviens de la première grande entreprise où j'ai été présentée. Le directeur exécutif me fait faire le tour des bureaux, les gens m'accueillent avec un grand sourire en me disant 'vous êtes secrétaire?', 'Non, je suis votre nouvelle patronne'", se souvenait-elle alors auprès du Ministère des Outre-mer.
Par Esther Paolini