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Darmanin au gouvernement: une nomination qui hérisse les féministes

Les associations féministes s'insurgent contre la promotion de Gérald Darmanin, malgré une enquête pour viol.

Grande cause du quinquennat, l'égalité entre les femmes et les hommes est-elle la grande oubliée de ce nouveau gouvernement? C'est en tout cas ce que déplorent les associations féministes, qui dénoncent la promotion de Gérald Darmanin à l'Intérieur, malgré une enquête en cours pour viol. Dans une autre mesure, elles visent également la nomination d'Éric Dupond-Moretti, opposé à la création du délit d'outrage sexiste.

"Cracher à la gueule des femmes victimes"

Mi-juin, la cour d'appel de Paris a ordonné la reprise des investigations concernant les accusations de viol à l'encontre de Gérald Darmanin, alors ministre de l'Action et des Comptes publics. À la suite d'une erreur de procédure, la Cour de cassation avait annoncé que le non-lieu dont le ministre avait bénéficié allait être réexaminé. 

Le maire de Tourcoing n'a toutefois pas été mis en examen, ligne rouge qu'Emmanuel Macron a fixé aux membres du gouvernement pour la moralisation de la vie politique. Mais pour les associations féministes, le signal envoyé est extrêmement mauvais.

"Comment imaginer un instant que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles avance avec un violeur à l'Intérieur (...)", s'insurge sur Twitter l'association Osez le féminisme.

Ajoutons tout de même que le ministre n'a pour l'heure jamais été condamné.

"Emmanuel Macron aurait pu directement cracher à la gueule des femmes victimes de violences, ça aurait fait pareil", s'est également révoltée Caroline de Haas, militante féministe.

La plainte semble évoluer "dans le bon sens" et elle "n'a pas fait obstacle" à la promotion d'un ministre qui "aspirait à plus", a répondu l'entourage du président.

"Vous préparez un curieux mode de vie aux générations futures"

Le nouveau garde des Sceaux ne bénéficie pas de plus de sympathie. Les associations dénoncent notamment sa position sur la création de l'infraction d'outrage sexiste, qu'il avait expliqué à notre antenne:

"Ca tient à l'éducation de chacun, et au fond, est-ce que l'Etat doit réglementer ça? C'est ça l'hyper-réglementation. Est-ce que l'Etat a vocation à réglementer tous les comportements? Moi je ne le crois pas", avait-il déclaré.

Les militantes féministes lui reprochent également ses déclarations lors de certains de ses procès phares, comme celui de Georges Tron pour viol et agressions sexuelles, pour lequel il a obtenu l'acquittement. Le pénaliste s'en était pris à l'Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT): "C'est bien beau que la parole des femmes se libère, mais vous préparez un curieux mode de vie aux générations futures", selon des propos rapportés par LesInrocks.

"Mesdames et messieurs les jurés, si votre fils touche le genou d'une copine dans sa voiture, c'est une agression sexuelle, ça?", avait-il également lancé aux jurés de la cour d'assises de Bobigny.

Qualifié de "masculiniste", Eric Dupond-Moretti est donc loin de faire l'unanimité parmi les féministes.

"Ce gouvernement est une honte", a réagi Osez Le Féminisme. "Vous vous foutez de notre gueule", a lancé au gouvernement l'association NousToutes.
Esther Paolini Journaliste BFMTV