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Puteaux: un organisme dénonce la mainmise de la maire LR sur les HLM

La maire de Puteaux Joëlle Ceccaldi-Raynaud, le 10 juin 2015.

La maire de Puteaux Joëlle Ceccaldi-Raynaud, le 10 juin 2015. - Stéphane de Sakutin - AFP

Selon l'Agence nationale de contrôle du logement social (ANCOLS), l'attribution des logements HLM de Puteaux présente de nombreuses irrégularités. Elles résulteraient d'une influence directe de la municipalité.

Joëlle Ceccaldi-Raynaud favorise-t-elle ses proches dans l'octroi des logements sociaux? C'est en tout cas ce que laissent penser les documents révélés par France Bleu, et rédigés par l'ANCOLS. Selon l'Agence nationale de contrôle du logement social, la maire Les Républicains de Puteaux (92) multiplierait les petits arrangements entre amis.

Une politique "clientéliste"

Obtenir un logement social à Puteaux relève de l'exploit. 20.000 putéoliens attendent de s'en voir attribuer un, alors que seulement 300 de ces logements se libèrent chaque année. Pourtant, comme le révèle l'ANCOLS, un habitant de la ville s'est vu attribuer, cinq jours après sa demande, un appartement de trois pièces en duplex, alors qu'il vit seul. Une attribution sur laquelle l'ANCOLS a toutes les difficultés à enquêter puisque les documents ont été détruits après l'attribution.

Pour Chistophe Grébert, élu Modem et opposant à la mairie LR, "l'office public de l'habitat de Puteaux (OPH) est le bras armé de la politique clientéliste de la maire de Puteaux, qui est également la présidente de l'office".

"L'OPH ne remplit pas son rôle social. On met des gens aisés, parfois riches dans ces logements. On attribue des logements pour les amis ou des raisons X ou Y, que je ne connais pas, mais que je devine parfois" s'emporte l'élu centriste.

Une proche de Balkany à la direction générale

"Effrayé" par l'ampleur du phénomène, l'ancien directeur général de l'OPH a quitté ses fonctions, rapidement remplacé par Sylvie Ramond, une militante fidèle, proche du couple Balkany. Une façon pour Joëlle Ceccaldi-Raynaud de "verrouiller" les dossiers, accuse Christophe Grébert. De son côté, la municipalité de Puteaux, jointe par BFMTV.com, ne souhaite pour l'instant pas s'exprimer, préférant attendre que le rapport de l'ANCOLS soit rendu public dans les délais légaux.

Outre les étranges attributions de logements HLM, l'ANCOLS a également mis à jour un projet de vente, annulé depuis la publication de l'enquête, concernant un parking. Construit et financé par l'OPH pour 9,5 millions d'euros, la mairie comptait le racheter seulement 2,3 millions. Selon l'opposition, des preuves existeraient également qu'un conseiller municipal sur deux habite un logement social. Certains étant déjà propriétaires de plusieurs logements.

P.A.