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"Punition" ou "mesure indispensable": l'annonce d'un couvre-feu divise la classe politique

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen à Paris, le 22 septembre 2020

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen à Paris, le 22 septembre 2020 - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Lors d'un entretien ce mercredi soir, le président de la République a notamment annoncé la mise en place d'un couvre-feu entre 21h et 6h dès ce samedi, en Ile-de-France et dans 8 autres métropoles.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. La classe politique française a rapidement répondu aux mesures annoncées par Emmanuel Macron ce mercredi soir, lors d'un entretien sur la dégradation de la situation sanitaire en France.

C'est l'annonce du couvre-feu décrété par le chef de l'État entre 21h et 6h, qui entrera en vigueur dès samedi, en Ile-de-France et 8 autres métropoles, qui a fait le plus réagir.

"Bienvenue en Absurdie"

"60 % des contaminations ont lieu au travail ou à l'école ou à l'université entre 8h et 19h. Mais Macron interdit les sorties au bar et au restau entre 20h et 6h. Bienvenue en Absurdie", a jugé le président du groupe La France insoumise et député des Bouches-du-Rhône Jean-Luc Mélenchon.

"Le couvre-feu pour couvrir leur nullité", a réagi pour sa part François Ruffin, député de la Somme, comparant "Macron" à un "maton" qui enferme les Français.

Du côté du Rassemblement national, Marine Le Pen a quant à elle souligné les conséquences économiques des mesures prises par le gouvernement.

"Compte tenu des annonces de ce soir, les aides financières aux secteurs touchés doivent être plus larges, plus rapides, moins complexes que celles mises en œuvre jusqu’à présent. Des milliers d’entreprises ne survivront pas sans un soutien massif et immédiat", a-t-elle estimé.

Emmanuel Macron "punit les Français"

"La déception doit être vive chez les soignants ce soir, qui n’ont entendu aucune annonce pour les soulager en personnels et en matériel", a ajouté la présidente du Rassemblement national.

Pour le président de Debout la France et député de l'Essonne Nicolas Dupont-Aignan, Emmanuel Macron "punit les Français".

Chez les Républicains, les mesures divisent. Pour Guillaume Peltier, numéro 2 du parti LR, "on nage en absurdie".

"Couvre-feu la nuit mais métro le jour; métropoles fermées mais vacances pour tous à la campagne; rien sur le recrutement des soignants & la création de lits de réanimation; rien pour les salaires des travailleurs mais une énième prime du RSA", a-t-il écrit sur Twitter.

"Appliquer les mesures, mêmes si elle sont dures"

De son côté, Eric Ciotti, député républicain des Alpes-Maritimes "salue le couvre-feu annoncé, "une mesure forte et indispensable pour faire reculer le virus", selon lui.

Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a de son côté critiqué "l'impréparation et le manque de cohérence" du gouvernement. Anne Hidalgo, maire socialiste de Paris, appelle elle à "rester unis et appliquer les mesures annoncées, même si elles sont dures", alors que Paris figure en première ligne des villes concernées par la mesure.

Fanny Rocher