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Projet de fusion de la petite couronne: comment l’Ile-de-France pourrait être redécoupée?

Les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denie et le Val-de-Marne pourraient fusionner.

Les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denie et le Val-de-Marne pourraient fusionner. - Jean-Sébastien Evrard - AFP

Les présidents des sept départements franciliens ont prévu ce mardi de faire des propositions sur le projet de réorganisation de la Métropole du Grand Paris. Emmanuel Macron envisage la fusion des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis. Un dessein qui rencontre de nombreuses oppositions.

L'Ile-de-France aura-t-elle trois départements en moins ces prochaines années? La question est à l'ordre du jour, alors que le président de la République a en tête de redéfinir les contours du Grand Paris. Durant sa campagne et depuis son arrivée à l'Elysée, Emmanuel Macron a fait part de son envie de s'appuyer davantage sur les métropoles et de simplifier les structures territoriales. L'idée est de pouvoir associer les territoires pour revendiquer une force économique plus importante à l'échelle mondiale, à l'image de la métropole londonienne.

La conférence du Grand Paris, qui doit se tenir début novembre permettra d'en savoir plus sur les intentions du président, mais une hypothèse est jusqu'alors privilégiée: la fusion de trois départements de la petite couronne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Cette fusion a pour objectif de supprimer des couches au "mille-feuille territorial" et de renforcer les compétences de la Métropole du Grand Paris. Ce regroupement doit aussi permettre de faire des économies en regroupant des services.

"Un monstre technocratique éloigné des citoyens"

Mais cette vision des choses est loin de provoquer l'enthousiasme des élus locaux. Les présidents des sept départements franciliens ont d'ailleurs prévu de formuler des contre-propositions ce mardi. A droite comme à gauche, ils soulèvent des questions sur l'avenir du territoire francilien.

Christian Favier (PCF), président du Conseil général du Val-de-Marne s'est récemment ému dans un communiqué de la création d'un "monstre technocratique éloigné des citoyens", mettant à distance les habitants de leurs élus et de leurs préoccupations locales. Ce dernier s'interroge aussi sur l'avenir des employés des collectivités vouées à disparaître. 

Quelle répartition des compétences? 

Patrick Devedjian (LR), président des Hauts-de-Seine défend plutôt une fusion de son département avec les Yvelines, qui n'est pas intégré à la métropole. Le projet d'Emmanuel Macron lui fait craindre "un coup de frein à la croissance économique de la région", explique-t-il dans Le Monde.

"Le temps que de nouvelles administrations se mettent en place, il n'y aura plus d'investissement. On risque de se tirer une balle dans le pied au moment où l'Ile-de-France voit son attractivité renforcée du fait du Brexit", ajoute-t-il.

Le riche département des Hauts-de-Seine pourrait aussi avoir à perdre à partager ses richesses avec la Seine-Saint-Denis. Le président de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel s'interroge de son côté sur la répartition des compétences.

"Qui paiera pour le RSA? La protection de l'enfance? Qui gérera les crèches municipales?", questionne-t-il dans le JDD ajoutant qu'"on fait avancer le Grand Paris par les projets: le supermétro, les JO, l'Exposition universelle", plutôt que par une refonte territoriale. 

Des élus qui ont fort à perdre

La fusion des départements pose aussi des questions politiques. Car si le projet aboutit, le redécoupage conduira à la suppression de mandats. L'enjeu sous-jacent est aussi pour certains de conserver leurs sièges. Certains élus ont beaucoup à perdre, à l'image de Valérie Pécresse.

La suppression des départements et le renforcement des compétences de la métropole marqueraient le recul de son influence sur le territoire. Le mois dernier, elle remettait en cause l'utilité de la Métropole du Grand Paris. "Elle ne sert à rien, on peut le dire", tranchait-elle, mettant en avant la dynamique mise en place à l'échelle régionale et plaidant pour un statut unique d'une "région-métropole". 

Carole Blanchard