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Pourquoi maintenant? Le retour "contraint" de Sarkozy

Nicolas Sarkozy a été contraint par les événements à revenir en politique à un moment qu'il n'avait pas choisi.

Nicolas Sarkozy a été contraint par les événements à revenir en politique à un moment qu'il n'avait pas choisi. - Thomas Samson - AFP

Nicolas Sarkozy  vient d'annoncer son retour en politique. Selon Christian Delporte, auteur du livre Come Back! ou l'art de revenir en politique,  la décision s'est imposée d'elle-même à l'ancien chef de l'Etat, qui devra prendre de la distance pour ne pas être usé avant 2017.

Ce qui n'était qu'une rumeur est désormais officiel. Nicolas Sarkozy vient d'annoncer son retour en politique.

Selon Christian Delporte, professeur d'histoire contemporaine et auteur de Come Back! ou l'art de revenir en politique (Flammarion), l'ancien chef de l'Etat a été contraint d'avancer sa décision. "Il devra maintenant veiller à ne pas se griller trop rapidement", explique-t-il à BFMTV.com.

Un retour contraint

L'ancien président de la République ne se voyait pas revenir si vite pour prendre la tête de l'UMP, estime Christian Delporte.

"L'annonce de son retour devait être plus tardive. Nicolas Sarkozy voulait faire un retour par le haut, pas par le parti. Mais il a pris conscience que cela était sans doute la dernière fenêtre de tir."

Selon lui, l''ancien chef de l'Etat redoutait de revenir trop tard et de retrouver un parti "verrouillé", "pas construit à la hauteur de son ambition présidentielle".

  • Refonder l'UMP

Nicolas Sarkozy aurait ainsi décidé de refonder l'UMP, de fusionner le parti avec l'UDI... Un choix nécessaire, selon Christian Delporte. 

"L'UMP va changer, il aura une autre structure, un autre nom. Il va faire comme Jacques Chirac qui, quand il a quitté Matignon en 1976, a transformé l'UDR en RPR."

Prendre de la distance pour ne pas se griller

Le retour de Nicolas Sarkozy est contraint et 2017 est encore très loin. L'ancien chef de l'Etat aurait aimé revenir plus tard car il ne souhaitait pas s'enliser dans les polémiques politiciennes. "Le retour comporte un risque pour lui: celui de banaliser son image", analyse Christian Delporte, selon qui replonger quotidiennement dans le "marigot politique" peut "user".

L'autre risque est celui d'être un président de parti miné par de nombreuses affaires judiciaires. Pour garder son crédit et de son aura, l'ancien président de la République devra donc prendre de la distance.

  • "Il devra être un chef de parti qui n'est pas lié à la vie quotidienne de l'UMP. Il devra donner les grandes orientations, faire du terrain, des meetings, aller dans le grands médias. Mais il faudra qu'il laisse l'ordinaire de la réaction politique et la gestion du parti à d'autres."

Faire table rase du passé

Nicolas Sarkozy ne pourra pas réussir son retour s'il ne se défait pas de son image passée, quitte à déplaire à certains de ses plus anciens soutiens.

"Quand on revient en politique, surtout quand on est un ancien président de la République, il faut apparaître comme un homme neuf. Et il faut des preuves de ce changement. Cela peut conduire à renouveler son équipe, à la rajeunir."

L'ancien chef de l'Etat pourrait donc promouvoir de nouvelles têtes à l'UMP. Nadine Morano et Rachida Dati craignent ainsi d'être écartées. Selon Christian Delporte, elles ont raison de s'inquiéter: Nicolas Sarkozy ne peut construire son retour sur le souvenir de ses succès -et échecs- de 2007 et 2012. "On ne peut pas reconquérir l'opinion sur une revanche, mais seulement sur un nouveau départ."

Maxence Kagni