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Pour Richard Ferrand, le 5 décembre est "une mobilisation pour conserver des inégalités"

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand - Ludovic Marin - AFP

L'ancien ministre, très proche d'Emmanuel Macron, a défendu bec et ongles la réforme des retraites voulue par le gouvernement.

Interrogé dans le numéro de ce jour du Journal du Dimanche, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a expliqué que l'appel à la grève du 5 décembre prochain, organisé contre la réforme des retraites est "une mobilisation pour conserver des inégalités."

"Le cadre de cette réforme doit être posé avant la fin du quinquennat et les points essentiels, mis en oeuvre", ajoute-t-il dans l'hebdomadaire dominical, jugeant que c'est "indispensable pour la préservation de notre modèle social français" et "pour la crédibilité de l'action politique".

"Vous me prendriez pour un fou!"

De longue date, des syndicats de la RATP et de la SNCF avaient annoncé une grève reconductible le 5 décembre, avant d'être rejoints par l'intersyndicale CGT, FO, FSU et Solidaires pour une grève interprofessionnelle, puis par des organisations d'Air France, d'EDF, d'avocats.

"Imaginez que nous vivions aujourd'hui avec un système universel et équitable de retraites où 1 euro cotisé rapporte la même chose à chacun, avec un minimum de 1 000 euros, une reconnaissance de la pénibilité, où chacun consulte sur son téléphone le montant de retraite qu'il aura demain", a-t-il argumenté. 

"Et imaginez soudainement qu'un gouvernement vienne proposer un système avec 42 régimes différents, où les femmes toucheraient moins que les hommes et où les chauffeurs de bus du Finistère devraient travailler cinq ans de plus que leurs homologues de la RATP... Vous me prendriez pour un fou! Eh bien, ce système, c'est notre système actuel."

Le président de l'Assemblée appelle encore à "sauver un système de retraites qui est aujourd'hui inégalitaire et à bout de souffle", en bâtissant "un système économiquement soutenable et juste, qui créera les mêmes droits pour tous sur un modèle universel, et non par corporation." 

"Sortons de la neurasthénie et mesurons aussi le dynamisme de notre pays!", plaide enfin Richard Ferrand, en estimant que la France n'a jamais auparavant "connu en même temps la baisse du chômage, la baisse des impôts et la réduction du déficit public".
H.S. avec AFP