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Poupée Vaudou : Sarkozy fera appel

Débouté de sa demande d’interdiction de la poupée vaudou à son effigie, le Président de la République a décidé de faire appel.

Débouté de sa demande d’interdiction de la poupée vaudou à son effigie, le Président de la République a décidé de faire appel. - -

Nicolas Sarkozy va faire appel, après avoir été débouté de sa demande d’interdiction de la poupée vaudou à son effigie. Son avocat et celui de l’éditeur s'expliquent.

Alors que Nicolas Sarkozy a été débouté de sa demande d'interdiction de la poupée vaudou à son effigie actuellement en vente dans les librairies, l'avocat Arnaud Rouillon n'a pas caché sa satisfaction après cette décision de justice qui permet à son client de continuer à commercialiser cette poupée : « Le tribunal a estimé qu'il n'y avait pas d'atteinte au droit à l'image. Nicolas Sarkozy estimait qu'on aurait dû lui demander l'autorisation préalable pour éditer l'œuvre de l'esprit que composait l'ensemble composé du manuel et de la poupée. »
Et Arnaud Rouillon de poursuivre son analyse de la décision de justice : « Le tribunal, qui était composé de magistrats de premier plan, a rendu une décision à mon avis extrêmement bien motivée et fondée. Ils ont considéré que nous étions dans les limites de la liberté d'expression et du droit à l'humour, à partir du moment où la poupée ne constituait ni une atteinte à la liberté humaine ni une attaque personnelle visant Nicolas Sarkozy en tant que personne, mais au contraire visait à travers une caricature le personnage politique et brocardait un peu les expressions qui avaient été tenues par lui en public. »

L'objet commercial plus que la caricature

Mais l'affaire est loin d'être finie : Maître Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, a fait appel de cette décision. L'avocat du chef de l'Etat s'explique : « On ne peut quand même pas contester pour Nicolas Sarkozy le droit au recours. Le droit à la caricature est absolu et Nicolas Sarkozy n'a jamais attaqué le moindre journal satirique, et n'a même jamais attaqué un passage d'un des livres qui lui sont consacrés. Là, nous sommes dans un domaine totalement différent. L'humour est toujours beaucoup apprécié par les autres... Moins quand il vous concerne personnellement. De plus, on peut penser, et Nicolas Sarkozy l'analyse ainsi, qu'une poupée avec des aiguilles à planter dans le corps est peut-être une manière un peu inconvenante au regard de la fonction présidentielle, et surtout il n'est pas obligé d'accepter qu'on utilise son image à des fins publicitaires et commerciales. »

Les deux avocats se retrouveront donc de nouveau face à face lors de la procédure d'appel. Cependant, il existe un point d'accord entre eux : ils ont tous deux révélé que Ségolène Royal comptait au départ porter plainte contre la poupée à son effigie, avant de se rétracter. Une attitude stratégique et politique pour se démarquer de Nicolas Sarkozy ?

La rédaction