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Petits meurtres entre amis au PS

François Hollande, le 17 octobre.

François Hollande, le 17 octobre. - Frederick Florin - AFP

Critiqué, acculé, et désormais complètement isolé dans son propre camp. Depuis la sortie du livre de confidences Un président ne devrait pas dire ça, la candidature de François Hollande est désormais redoutée chez les socialistes, poids-lourds comme soutiens du chef de l'Etat.

François Hollande seul contre tous. Alors que les Français sont définitivement en train de lâcher le chef de l'Etat, comme en témoignent deux sondages sortis mardi, dont l'un lui prédit un score en dessous des 10% au premier tour de la présidentielle, et l'autre révèle que seuls 4% des Français se disent satisfaits de son action, François Hollande est désormais la cible numéro un de son propre camp. Depuis la sortie du livre polémique Un président ne devrait pas dire ça, ses appuis à gauche se raréfient. Et le travail de sabotage a déjà commencé, explique L'Opinion.

"Le couteau est posé sur la table"

Lâché, y compris par certains de ses plus fidèles soutiens, qui doutent, et espèrent désormais qu'il renoncera à sa candidature, François Hollande est devenu "l'homme à abattre", chez les socialistes.

"Le couteau est posé sur la table! La question est de savoir qui va le prendre", résume un proche du chef de l'Etat, cité par L'Opinion.

Dissuader le chef de l'Etat d'être candidat semble de fait devenu l'objectif numéro un, à gauche. "Il nous faut parvenir à convaincre Hollande de ne pas être candidat, humainement et politiquement. Il y a une façon de sortir qui est infiniment supérieure au fait d'être éliminé au premier tour", estime ainsi le député PS de l'Eure, François Loncle, dans le Figaro. Un autre proche de François Hollande le juge "hallucinant". "Je suis convaincu que dans sa tête il se dit qu'il peut encore y aller". 

Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone a lui-aussi commencé à s'éloigner, mardi, alors qu'il s'exprimait face aux députés socialistes, en estimant qu'une "distance s'est créée entre le président de la République et les Français". "On a un problème d'incarnation", a-t-il ajouté. 

Des adversaires en marche

Un Président dans l'impasse et une situation dont ses rivaux pour la présidentielle espèrent bien tirer profit. Manuel Valls, dont le calendrier a été précipité par le naufrage du navire Hollande, compose au passé composé, et prépare la suite. "J'ai été loyal, je l'ai été au nom des institutions. Mais je veux d'abord l'être à ma famille politique", a ainsi lancé le Premier ministre aux députés socialistes, mardi matin. Avant d'appeler le chef de l'Etat à "tenir compte de la situation", ce mercredi sur France Inter. 

De son côté, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a glissé en début de semaine que Manuel Valls est le "présidentiable" ayant "le plus de possibilités" si François Hollande renonçait à se présenter.

Montebourg veut "lui régler son compte"

Quant à Arnaud Montebourg, il espère, lui, que François Hollande ne se dérobera pas... pour mieux l'attaquer. Ainsi, selon son entourage, cité par L'Opinion, l'ancien ministre du Redressement productif entend lui "régler son compte" en janvier, lors de la primaire. 

Enfin, Martine Aubry pourrait bien, elle aussi, apporter du grain à moudre au chef de l'Etat. Et se remettre en selle? La maire de Lille préparerait en tout cas un grand meeting, pour le 26 novembre. 

Adrienne Sigel