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Perquisitions à LFI: "Vous pouvez me rendre inéligible, je n'ai pas peur", lance Mélenchon à 7 jours de son procès

"Nous faisons l'objet d'un procédé politique d'exception" a déclaré Jean-Luc Mélenchon ce jeudi, à propos de son procès en correctionnelle prévu les 19 et 20 septembre prochains.

À une semaine de son procès en correctionnelle pour rébellion, provocation et actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon est intervenu ce jeudi après-midi en conférence de presse. Il assure que lui et ses proches sont victimes d'un "procès politique".

"Nous faisons l'objet d'un procédé politique d'exception. 17 personnes sont mises en cause, nous sommes les seuls à avoir été perquisitionnés et traînés en correctionnelle", a-t-il déclaré.

Jean-Luc Mélenchon et ses proches sont poursuivis à la suite d'une perquisition au siège de la France insoumise intervenue le 16 octobre 2018. Des altercations avaient éclaté entre les militants, dont le leader du parti, et les forces de l'ordre présentes ce jour-là. L'émission Quotidien, sur TMC, a dévoilé toutes ses images de cette journée mercredi soir. Des membres du parti les accusaient de ne diffuser en boucle que des images montrant les accès de colère des militants et de Jean-Luc Mélenchon.

"Une simple et unique initiative d'un juge du parquet"

Ce que le chef de file LFI reproche à la justice, c'est notamment que les poursuites soient diligentées, selon lui, par le gouvernement:

"Je ne suis pas poursuivi, ni mes amis, par un juge d'instruction dans un cadre ordinaire d'exercice de la Justice, je le suis par une simple et unique initiative d'un juge du parquet, c'est-à-dire de la filiation directe avec le centre politique que représente Madame Belloubet", la ministre de la Justice.

Jean-Luc Mélenchon sous-entend ici que le gouvernement a dû intervenir via les magistrats, car les magistrats du parquet sont des fonctionnaires, placés sous l'autorité du ministre de la Justice, et ne sont donc pas indépendants.

"Je n'ai pas peur, ni des campagnes de presse, ni des policiers, ni des magistrats"

Il critique ensuite les raisons même du procès, réfutant toute violence, et rappelant que sur les vidéos: "On nous voit appeler au calme, on me voit personnellement rassurer le gendarme vis-à-vis duquel j'avais eu les décibels les plus élevés (...) Nous ne faisions pas obstacle à la perquisition", assure-t-il.

Jean-Luc Mélenchon pointe également du doigt le fait que les forces de l'ordre présentes le jour de la perquisition au siège de LFI soient parties civiles lors du procès, qui vise plusieurs militants du parti.

Le procès est "une comédie grotesque, une pantalonnade sans signification, parce que toute cette procédure sera annulée, vu qu'elle est entièrement remplie d'inégalité (...) Je n'ai pas peur, ni des campagnes de presse, ni des policiers, ni des magistrats. Vous pouvez me mettre en prison, vous pouvez me rendre inéligible, je n'ai pas peur", ajoute-t-il.
Salomé Vincendon