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Primaire à gauche: des parlementaires PS envisagent un "droit de retrait" si Hamon gagne

Benoît Hamon a inauguré samedi 11 février son nouveau QG, rue du Château d'Eau, dans le 10e arrondissement de la capitale.

Benoît Hamon a inauguré samedi 11 février son nouveau QG, rue du Château d'Eau, dans le 10e arrondissement de la capitale. - BFMTV

Gilles Savary, député PS de Gironde, présentera un texte mardi dans lequel lui et plusieurs autres élus préviennent qu'ils exerceront un "droit de retrait" de la campagne de Benoît Hamon si celui-ci gagnait la primaire. Mais il assure que le texte n'appellera pas à voter pour Emmanuel Macron.

Le second tour de la primaire de la gauche approche, et au PS, certains ne s'en cachent plus: une victoire de Benoît Hamon provoquerait un séisme au sein du parti, notamment au sein de son aile droite.

Au point que des députés s'apprêtent à sortir un texte au lendemain du second tour, dans lequel ils déclarent leur "droit de retrait" de la campagne de Benoît Hamon. "Une sorte d'objection de conscience", précise Gilles Savary, élu PS de Gironde à l'origine du texte. Il sera présenté à la réunion de groupe des députés à l'Assemblée mardi.

Le ralliement à Macron s'éloigne

Mais l'élu précise: il ne s'agit pas d'un appel à voter Emmanuel Macron, comme le dit une rumeur insistante. Le texte, selon Gilles Savary, ne parlera pas d'un ralliement au leader du mouvement En Marche!, "car nous ne sommes pas tous d'accord", selon lui. Les ralliements, s'il devait y en avoir dans les prochains jours, "se feront individuellement". Il vient ainsi démentir la rumeur faisant état d'un texte, publié en début de semaine prochaine, appelant à voter pour Emmanuel Macron. Le texte existe donc, mais reste circonscrit au PS.

"On veut être clairs vis-à-vis de nos électeurs: on a défendu auprès d'eux le CICE, la politique de l'offre, la loi travail... on ne peut pas faire campagne pour le contraire ensuite", ajoute Gilles Savary, estimant que "les députés qui ont été légitimistes et loyalistes comme nous seraient piégés par une victoire de Hamon", qui les mettrait en difficulté face à leurs électeurs. 

"On se voit mardi soir pour parler. On verra, rien n'est fait", indique de son côté un vallsiste, également membre de ce pôle réformateur qui compte, dit-il, "50" députés, environ "60 (parlementaires) avec les sénateurs". Dans L'Opinion, le sénateur Luc Carvounas, proche de Manuel Valls, appelle ses collègues à garder leur "sang-froid".

Le camp Hamon pas inquiet, mais...

Dans le camp de Benoît Hamon, une telle initiative ne semble en tout cas pas être perçue comme problématique. "La seule exigence si l'on gagne, c'est la loyauté" et "ne pas nuire à un candidat, cela peut suffire", indique-t-on. "Ils font ce qu'ils veulent tant qu'on ne les entend pas", résume l'équipe du candidat.

Mathieu Hanotin, directeur de campagne, prévient cependant qu'un "texte qui s'appelle droit de retrait, défendu en groupe et rendu public" serait "considéré comme une agression". "En revanche, on est pour le respect des convictions de chacun. On comprendra que Manuel Valls qui a défendu des positions différentes ne vienne pas faire la campagne à nos côtés", ajoute-t-il.

Vendredi matin sur BFMTV, Manuel Valls a expliqué qu'en cas de victoire de Benoît Hamon, il se rangerait derrière lui… Mais rien de plus. "Je ne pourrai pas défendre son programme, mais je serai loyal, parce qu'il y a des règles pour la primaire, je m'effacerai".

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Ariane Kujawski avec AFP