BFMTV

Notre-Dame-des-Landes: "Le président piétine les habitants", tonne un élu local

A quelques minutes de l'annonce par le gouvernement de l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ce mercredi, Philippe Grosvalet, le président du Conseil départemental de Loire-Atlantique qui faisait partie des élus prévenus à l'avance, a montré sa colère et déploré un "véritable recul".

"C'est une très mauvaise décision pour les habitants de Loire-Atlantique", a déclaré ce mercredi Philippe Grosvalet, réagissant à la décision d'abandonner le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, confirmée ce mercredi après-midi par le Premier ministre Edouard Philippe

"Le président de la République piétine les habitants de mon département"

"C'est une très mauvaise décision, et à travers cette décision, le président de la République piétine toutes les procédures publiques dans notre pays, et les 179 décisions de justice qui ont été prises", a regretté le président du Conseil départemental de Loire-Atlantique, confiant son "énorme déception". "Il piétine aussi nos collectivités locales, régions, départements, métropoles, villes, qui de tout temps ont accompagné l'Etat dans ce projet", a-t-il poursuivi.

"Et puis, il piétine les habitants de mon département, qui sont allés voter, qui ont sacrifié un dimanche à l'appel d'un président de la République, qui leur a demandé leur avis", a encore estimé Philippe Grosvalet. "Il piétine le suffrage universel qui est le socle de notre République et de notre démocratie".

"Au fond, le président de la République tourne le dos à nos territoires de l'ouest de la France. (...) Il renie la parole qu'il avait donnée lorsqu'il avait dit qu'il soutiendrait ce projet", a également déploré Philippe Grosvalet.

"Que des mauvaises conséquences"

Pour Philippe Grosvalet, "il n'y aura que des mauvaises conséquences" à cette décision. "Des mauvaises conséquences pour les habitants de mon département, et particulièrement pour les 70.000 habitants qui sont survolés chaque jour par des dizaines d'avions à basse altitude (à proximité de l'aéroport existant de Nantes, NDLR). Ils savent désormais que leur avenir est condamné par ce survol permanent", a fait valoir l'élu local. 

Pour le président du Conseil départemental de Loire-Atlantique, les conséquences seront également négatives pour le "développement de l'ouest de la France, pour le développement économique, et notamment pour les milliers d'entreprises qui nous ont accompagnés dans ce projet". Et de conclure: "Je le dis très solennellement, il n'y a que des perdants". 

Après des années de controverse, six mois de médiation et une ultime consultation, l'exécutif a choisi d'abandonner le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, malgré des décisions de justice et un référendum local favorables, au profit d'une réaménagement de l'actuel aéroport de Nantes
A.S.