BFMTV

Le PS en congrès à Aubervilliers veut retrouver sa place à gauche

Olivier Faure

Olivier Faure - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le PS tient ce week-end son 78e congrès à Aubervilliers avec l'espoir de retrouver, sous la houlette de son nouveau premier secrétaire Olivier Faure, sa place centrale à gauche.

Le PS pourra-t-il se relever de son historique déroute de la présidentielle? C'est la question qui sera soulevée lors du 78e congrès du parti, qui s'ouvre ce samedi à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.

Un congrès qui doit voir Olivier Faure officiellement investi en tant que premier secrétaire, après son élection à 48,56% des suffrages. Il prononcera un discours en clôture des travaux de ses camarades dimanche à 11h30. 

Objectif pour le 13e premier secrétaire du PS, heureusement "pas superstitieux": redonner sa place sur l'échiquier politique à un parti en miettes après ses défaites à la présidentielle (6,36 % des voix) et aux législatives (30 députés élus sous l'étiquette PS).

"Articuler indignation et solutions"

Dans son texte d'orientation, le député de Seine-et-Marne a plus précisément fixé pour objectif au PS de "redevenir en voix le premier parti de gauche à l'issue du cycle électoral 2019-2020-2021". Olivier Faure est convaincu qu'il existe toujours un espace politique pour le PS. "Nous n'avons pas été remplacés, ni par LaREM, qui poursuit sa dérive vers la droite libérale, ni par les Insoumis qui demeurent un mouvement protestataire", a-t-il réaffirmé dans une interview à Libération mise en ligne vendredi soir.

Face à ces deux offres, ce qui fait selon lui l'identité du PS, c'est d'être "à la fois vraiment de gauche, et vraiment réaliste", d'"articuler indignation et solutions".

S'il a participé à la manifestation du 22 mars au côté des cheminots, Olivier Faure prend ainsi clairement ses distances dans Libération avec les tentatives de "front anti-Macron" qui s'ébauchent entre Benoît Hamon, le PCF, EELV, les Insoumis et Olivier Besancenot.

"Je ne pense pas qu'un mouvement social soit le moment d'un congrès de réunification des gauches (...) Nous devons être des interlocuteurs, pas des accapareurs", tranche-t-il. De même ne se montre-t-il guère séduit par l'appel au "grand débordement" lancé par François Ruffin pour le 5 mai. "Ce genre d'appel n'a pas pour objet d'intensifier le mouvement social, et a pour effet de l'éteindre".

Ce positionnement, que résume la formule "ni Macron ni Mélenchon" de l'ancien premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, ne dit pour l'instant pas grand chose du projet qu'Olivier Faure souhaite défendre.

"Olivier Faure, je ne sais pas ce qu'il pense", observe le député européen Emmanuel Maurel, à propos de celui qui se décrit parfois comme "le fils unique de François Hollande et de Martine Aubry" - il a été directeur de cabinet adjoint du premier à Solférino de 2000 à 2007, et collaborateur de la seconde au ministère de l'Emploi (1997-2000).

De nombreux débats pas encore tranchés

Chantre du "rassemblement" durant sa campagne, Olivier Faure a fait le choix de ne pas trancher d'emblée nombre de débats qui traversent le parti, préférant proposer à ses camarades d'organiser jusqu'en 2021 une série de chantiers thématiques, qui se concluront par des votes ouverts aux militants et aux sympathisants, moyennant un euro. Le PS devra cependant rapidement sortir de ses ambiguïtés, s'il souhaite reprendre sa place dans le débat politique. Premiers travaux pratiques: l'Europe, avec en ligne de mire les européennes de 2019.

La question européenne fera l'objet d'une table ronde samedi à Aubervilliers, avec la participation du commissaire européen Pierre Moscovici, et du patron des sociaux-démocrates au Parlement européen, Udo Bullmann. Dimanche, les socialistes plancheront avec des personnalités de la société civile sur les thèmes des réfugiés, de l'écologie et des services publics.
A. K. avec AFP