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Le PS inaudible à la veille de son congrès et en pleine crise sociale

Olivier Faure

Olivier Faure - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Des dirigeants (très) discrets, des déclarations hésitantes et rares, le tout à la veille d'un congrès dont l'approche est passe inaperçue alors que le pays connaît un mouvement de contestation sociale qui met en difficulté le gouvernement: le PS peine à donner de la voix.

A Aubervilliers, samedi et dimanche, le Parti socialiste retrouvera peut-être un peu de visibilité. Ce week-end, le Parti socialiste y tiendra son congrès, intronisant son nouveau Premier secrétaire, le député de Seine-et-Marne, Olivier Faure. Depuis sa désignation par le vote des militants, celui-ci a semblé jouer la discrétion. Il faut dire que l'une de ses dernières sorties publiques n'a pu que l'inciter à faire profil bas: le 22 mars, il était pris à partie et hué lors d'une manifestation rassemblant notamment cheminots et fonctionnaires à Paris. 

"Je comprends que des gens aient pu nous juger inopportuns"

Par la suite, Olivier Faure n'est pas parvenu à reprendre pied sur la scène médiatique. Et lorsqu'il a pu s'exprimer au micro de RTL, mardi, jour de grève des cheminots, le nouveau patron du PS a louvoyé, témoignant tout d'abord de son soutien aux manifestants: 

"Emmanuel Macron fait face à un mouvement social d’importance, légitime parce qu’il s’y est pris de manière à mettre les Français les uns contre les autres. Ce qu’on a baptisé le ‘SNCF bashing’ est une erreur: c’est une entreprise qui fonctionne bien, qui fait aujourd’hui des bénéfices et dont on a voulu stigmatiser les cheminots. Ils le vivent difficilement, ils ont raison."

Avant d'adoucir immédiatement son propos: "Je ne dis pas que le gouvernement doit plier. Je dis qu’une grève, ça sert à créer un rapport de forces avec un gouvernement pour le faire négocier." Quant aux manifestants qui l'avaient rudoyé le 22 mars, Olivier Faure avait du mal à leur vouloir: "Je comprends que des gens aient pu juger que nous étions inopportuns. (…) Mais la place des socialistes était là car notre vision du service public peut être commune parfois à des gens avec lesquels je ne partage pas toujours tout."

Trouver une voix

Cette distance avec les manifestants, et le mutisme des socialistes en ces jours de contestation sociale ont peut-être à voir avec l'hésitation des représentants du parti sur la position à adopter sur le fond. Cette semaine, lors d'un point-presse, les députés du groupe Nouvelle Gauche (ancien groupe socialiste) n'ont pas fait montre d'une farouche opposition au projet de réforme de la compagnie ferroviaire: "Nous ne sommes pas des révolutionnaires du statu quo. Nous ne sommes pas hostiles par principe à une réforme (...) ce que nous contestons, c'est bien souvent la méthode choisie par le gouvernement", disait ainsi Boris Vallaud, dont les propos ont été relayés par Europe 1. 

Avant que celle-ci ne porte, le PS doit donc encore trouver une voix. 

Robin Verner