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Olivier Faure, un futur premier secrétaire du PS consensuel qui promet le renouvellement

Olivier Faure était jusqu'alors le chef des députés du PS.

Olivier Faure était jusqu'alors le chef des députés du PS. - AFP

Personnalité réservée, Olivier Faure s'est posé en rassembleur et a prôné le renouvellement pour remporter l'élection du Premier secrétaire.

Olivier Faure va devenir le patron du Parti socialiste. Avec près de 50% des voix, le chef des députés PS a réussi son pari. Parti en campagne en janvier dernier au moment où Najat Vallaud-Belkacem a décidé de jeter l'éponge, Olivier Faure, 49 ans, a choisi de jouer la carte du renouvellement en affirmant vouloir changer le PS "du sol au plafond".

Une façon de se démarquer de Stéphane Le Foll, dont la campagne a été marquée par son soutien et sa participation au quinquennat de François Hollande. Pourtant, les deux hommes se connaissent bien: Olivier Faure a été l'adjoint de Stéphane le Foll à Solférino lorsque François Hollande en a été le premier secrétaire. Une proximité qui a poussé Luc Carvounas, dernier du scrutin, à les qualifier de "frères jumeaux du Hollandisme".

Ses détracteurs pointent son manque de charisme

Pour faire oublier cette étiquette, Olivier Faure a multiplié les promesses, dont celle d'associer les militants et sympathisants du PS aux prises de décisions. Il a également promis le rassemblement aux autres candidats et cadres du parti. Le rassemblement, une marque de fabrique pour celui qui a plusieurs fois prôné des solutions "consensuelles", qui lui valent parfois le reproche d'incarner "la synthèse molle".

Malgré les critiques, il est celui qui a finalement engrangé le plus de soutiens, notamment chez les responsables locaux. Martine Aubry, maire de Lille, mais aussi Carole Delga, présidente de la région Occitanie, ont choisi de le soutenir, ainsi que l'ancien ministre Mathias Fekl ou encore la maire de Nantes Johanna Rolland.

En coulisses, ses détracteurs ont dénoncé le manque de charisme de cet homme discret et réservé. Son parcours est classique: entré en politique à 16 ans, il devient à 23 ans le secrétaire général des jeunes rocardiens. Ami de Benoît Hamon, avec qui il partage un appartement, il devient collaborateur parlementaire puis ministériel de Martine Aubry lorsqu'elle entre au gouvernement de Lionel Jospin. "Il est sérieux et va au bout des choses", dit de lui l'ancienne ministre du Travail, citée par L'Obs. "Il a été un très bon attaché parlementaire, calme. Il a géré pour moi beaucoup de situations compliquées".

Des amitiés critiquées

Martine Aubry a été l'une des premières à féliciter Olivier Faure pour sa victoire. Christophe Castaner, qui fut lui aussi un jeune rocardien avant de devenir un proche d'Emmanuel Macron, dit avoir "une fidélité forte" à celui qu'il appelle son "ami". Olivier Faure a déjà été critiqué pour ses amitiés... Mais pas seulement. Son épouse, Soria Blatmann, a travaillé avec Emmanuel Macron avant de rejoindre l'Unesco. Lui assume: "on peut avoir des amitiés, des affections, y compris avoir sa propre femme qui fait des choix différents(…) La question ce n'est pas tellement quels sont les liens affectifs qu'on peut avoir les uns avec les autres, la question c'est la fermeté des convictions".

Après le cataclysme de 2002, il travaille pour François Hollande et se rapproche de Jean-Marc Ayrault dont il sera l'un des fervents soutiens jusqu'à son départ de Matignon. En 2012, il est élu député PS de Seine-et-Marne puis devient porte-parole du parti, un poste qui lui permet de se faire remarquer. En 2016, il prend la place de Bruno Le Roux et dirige les députés PS à l'Assemblée. Réélu de justesse en 2017, il est élu au même poste. Mais dans l'hémicycle, l'ambiance a changé: les nouveaux députés macronistes sont arrivés en masse. Le groupe qu'il dirige, lui, ne compte plus que 30 députés.

Ariane Kujawski