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Hamon ou Macron? Le choix des ténors du PS pour la présidentielle

Benoît Hamon et Emmanuel Macron

Benoît Hamon et Emmanuel Macron - Nicolas Tucat - Helene Valenzuela - AFP

Scission au Parti socialiste. Alors que Benoît Hamon traîne dans les sondages, Emmanuel Macron rallie petit à petit des cadres de son ancien parti. Le point en infographie sur les soutiens des deux candidats à l'élection présidentielle parmi les ténors du PS.

A 30 jours de la présidentielle, Benoît Hamon enchaîne les coups durs. Depuis le débat sur TF1, il est dépassé par Jean-Luc Mélenchon dans les sondages. Face au retard de sa campagne, le Parti socialiste se divise. Manuel Valls a appelé ce matin à voter pour son ancien ministre de l'Economie pour contrer le Front national.

Du côté des membres actuels de l'exécutif, Jean-Yves Le Drian, Thierry Braillard et Barbara Pompili, ont rallié officiellement Emmanuel Macron la semaine dernière. D'autres pourraient céder à la tentation.

Malgré ces défections en série, plusieurs figures du PS continuent de soutenir le député des Yvelines. Najat Vallaud-Belkacem, Anne Hidalgo, Aurélie Filippetti et Christiane Taubira appuient toujours sa candidature.

Nous avons représenté visuellement le schisme au sein du parti socialiste ci-dessous. À gauche de l'infographie, les fidèles à Benoît Hamon, au milieu, ceux qui lui préfèrent Emmanuel Macron, à droite, les hésitants/silencieux. 

Les ralliements à Macron

Emmanuel Macron attire avant tout l'aide droite du parti, qui a bien du mal à se reconnaître dans le programme du député frondeur. "Il amène le PS à se radicaliser, à se déporter vers une gauche 'mouvementiste' et protestataire", déplore Christophe Caresche, chef de file des réformateurs, dans une interview au Journal du dimanche.

D'autres invoquent l'argument du vote utile. Annoncé à la cinquième place dans les sondages, Benoît Hamon peine à convaincre sur sa capacité à gagner, quand Emmanuel Macron trône en tête des sondages. C'est la raison qui a poussé Bertrand Delanoë, figure historique du PS, à choisir le candidat d'En Marche!. 

Difficile également pour les membres de l'exécutif et les proches de François Hollande de militer pour un des acteurs phares de la fronde parlementaire. Benoît Hamon promet, entre autres, d'abréger la loi El Khomri. La ministre du Travail fait partie de ces cadres socialistes restés très silencieux depuis le résultat de la primaire. Les trois derniers ralliement au sein de du gouvernement pourraient les convaincre de franchir le rubicon.

Les fidèles à Hamon

Au contraire, d'autres ministres se disent légitimistes et soutiennent, parfois timidement, le vainqueur du scrutin. C'est le cas de Bernard Cazeneuve ou encore Laurence Rossignol, qui attendent tous les deux des gestes de sa part vers le rassemblement. 

Le député des Yvelines peut aussi compter sur des personnalités historiques de son parti. Des anciens ministres comme Louis Le Pensec, ministre de l’Agriculture en 1997, ont officialisé leur préférence. Henri Emmanuelli, l’ancien patron du PS voulait voter lui aussi Benoît Hamon. Sa mort a beaucoup touché le candidat vainqueur de la primaire.

Benoît Hamon n’a pas eu de mal à fidéliser la frange la plus à la gauche du parti socialiste. Les députés frondeurs Pascal Cherki et Alexis Bachelay font partie de ses plus fervents défenseurs. Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, candidats déchus de la primaire, ont également rejoint l’organigramme de campagne.

Au final, lorsqu’on fait le décompte, Benoît Hamon fédère encore une majorité des élus socialistes. Cependant, des désertions de tailles sont encore à attendre. Claude Bartolone, à la tête de l’Assemble nationale, a émis des doutes sur son programme.

dossier :

Benoît Hamon

Emeline Gaube