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Glyphosate: Royal demande à Hulot "de rester ferme face aux pressions"

"La France doit rester à l'avant garde des progrès environnementaux", a estimé l'ancienne ministre sur BFMTV et RMC à propos du vote prévu sur le jeudi sur l'autorisation de commercialisation accordée ou non au glyphosate par la commission européenne.

Jeudi, la Commission européenne va soumettre au vote des 28 États membres de l'UE une nouvelle proposition de renouvellement de la licence d'utilisation de l'herbicide controversé glyphosate, pour une durée réduite à cinq ans. Pour l'ancienne ministre de l'Environnement Ségolène Royal c'est "une très mauvaise idée". Ambassadrice de la France pour les deux Pôles, elle demande sur BFMTV et RMC mardi "à Nicolas Hulot de ne pas l'accepter, de ne rien laisser passer". Au début du moins elle avait jugé que son successeur "était un très bon ministre en phase avec sa mission" avant de le mettre en garde, notamment sur la question épineuse du glyphosate.

"La France a voté contre, voter oui aujourd'hui serait un changement de pied incompréhensible, la France doit rester à l'avant garde des progrès environnementaux", argumente Ségolène Royal qui assure que la décision de la France peut faire basculer le vote. "Il faut rester ferme malgré les pressions de la Commission européenne, des industriels et de certains agriculteurs". 

La position française est à une autorisation renouvelée pour 4 ans et une interdiction totale en 2022. Un grand risque selon Ségolène Royal qui estime que "ce temps sera suffisant pour écouler les stocks" de glyphosate. "Les pollueurs ne doivent pas pouvoir se dire que le rapport de force marche, estime l'ancienne ministre. La commission européenne n'a pas fait son travail, elle aurait dû, il y a trois ans, prévenir les entreprises" de la fin de validité de ces produits polluant.

Hulot veut "associer le monde agricole" à la décision

Fin octobre, le ministre de l'Environnement Nicolas Hulot a promis "d'associer le monde agricole" pour la transition à une agriculture sans glyphosate. Car pour les agriculteurs, "ce n'est pas une posture de dire: 'on ne sait pas comment on va faire pour se passer du glyphosate'", a-t-il reconnu. Mais "visiblement, il y a des alternatives qui existent", a-t-il poursuivi. "On va faire des échanges de pratique, on va regarder ça...", a-t-il insisté.

La dangerosité de l'herbicide est au coeur d'une controverse: le Centre international de recherche sur le cancer (OMS) l'a classé "cancérogène probable" en 2015, contrairement aux agences européennes, l'Efsa et l'Echa. 

S. A.