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Gérard Collomb "refuserait le poste de Premier ministre" si on lui proposait

Gérard Collomb, sénateur-maire PS de Lyon.

Gérard Collomb, sénateur-maire PS de Lyon. - -

Le sénateur-maire PS de Lyon était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce mardi.

Si François Hollande l'appelait pour devenir Premier ministre, Gérard Collomb lui répondrait: "Regardez comme Lyon se développe bien, on va continuer comme ça". Et il "refuserait le poste, dans les circonstances présentes". Invité de Jean-Jacques Bourdin ce mardi matin, le sénateur-maire PS de Lyon a indiqué qu'il privilégierait ses responsabilités locales.

Mais pas question pour lui de céder son siège de sénateur! Celui qui se présente comme un "social-réformiste" a réaffirmé son opposition à la loi visant à interdire le cumul des mandats. "Les maires connaissent les réalités locales (...) ils apportent une expérience locale dans le travail législatif", a-t-il justifié, citant en exemple le système allemand où le Bundesrat rassemble, au niveau national, les élus locaux. Et s'il vote contre la loi, ce n'est "pas pour des raisons personnelles", affirme celui qui cumule poste de maire et mandat de sénateur, c'est parce qu'il considère que "cette réforme n'est pas bonne pour l'équilibre de notre pays". Sa retraite de sénateur? "70% du traitement... Mais attention on n'a pas la certitude d'un travail à vie."

Critique du gouvernement

De retraites justement, il en a été question. Gérard Collomb a défendu l'idée d'un système par points, comme celui mis en place en Suède qui "permet de prendre en compte l'allongement de la vie, la pénibilié du travail et permet les choix individuels", selon le socialiste. Et de citer en exemple des personnes "fatiguées à 60 ans" qui souhaitent s'arrêter de travailler et d'autres "fringantes à 65" et qui peuvent avoir envie de continuer. Quoi qu'il arrive "à force de ne rien faire, c'est 20 milliards d'euros qui vont manquer!", s'insurge le maire de Lyon.

Critique, il ne l'est pas que sur les retraites. La gauche est arrivée au pouvoir "dans le refus d'appréhender les vrais problèmes", selon Gérard Collomb. S'il a beaucoup critiqué le gouvernement depuis un an, il reconnaît que "cela va dans le bon sens maintenant, un tournant a été pris". Pourtant, une mesure retient son attention: la défiscalisation des heures supplémentaires. "Je ne l'aurais pas fait", avoue-t-il. "J'entends les salariés (...) les ouvriers qui regardent leur fiche de paye et disent 'waow, ça fait mal'. Il faut faire attention au contrecoup que peuvent avoir les mesures que l'on prend."

"Perte de confiance globale"

"Les Français n'ont plus confiance", a martelé Gérard Collomb à plusieurs reprises, expliquant ainsi la défaite du PS à la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot ce dimanche. Ce résultat est "révélateur du choc créé par l'affaire Cahuzac". "Découvrir que l'homme à qui vous avez ait confiance est peu digne de confiance, ça fait un choc".

Cette défaite, suivie d'une explication de texte entre socialistes et écologistes, annonce-t-elle des difficultés pour la gauche aux municipales de 2014? "Je n'en suis pas sûr", a indiqué Gérard Collomb qui fait le distinguo entre "politiques nationales et politiques municipales". Mais il lance un petit message aux écologistes qui font liste à part à Lyon: "mon expérience, c'est qu'on a toujours été éliminés au premier tour quand on présentait des listes séparées. Avec des listes de rassemblement, on gagne..."