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François Hollande dénonce la réforme des retraites: "Ce qui manque le plus, c'est la confiance"

Interrogé sur BFMTV et RMC, l'ex-président de la République a défendu le système de retraites par répartition et sommé le gouvernement de "tout mettre sur la table" avant la grande mobilisation prévue le 5 décembre.

Il se dit "inquiet" du climat social. Invité ce mercredi matin de BFMTV et RMC, François Hollande a donné son sentiment sur la réforme des retraites que prépare - non sans difficulté - l'actuel gouvernement. "Le point névralgique, c'est qu'on ne sait pas" quelle orientation définitive vont se fixer Emmanuel Macron et Édouard Philippe, estime l'ancien chef de l'État

"On ne sait pas si ça concernera tous les régimes, on ne sait pas si ce serons uniquement les entrants", a égrené François Hollande, qui estime que "quand on a un régime par répartition, qui date depuis 50, 60 ans, (...) nous devons le maintenir, le consolider, l'améliorer, le moderniser, pas le mettre en cause".

"Beaucoup d'incertitudes"

Depuis plusieurs jours, l'exécutif songe à recourir à la "clause du grand-père" afin de ménager les régimes spéciaux, notamment ceux en vigueur au sein de la SNCF et de la RATP. Le principe consisterait à n'appliquer la réforme qu'aux jeunes qui entreront sur le marché du travail après le vote de la loi, prévu en juillet 2020. Certains évoquent même l'hypothèse d'une application après son entrée en vigueur, envisagée en 2025. 

"Je pense que cette réforme, telle qu'elle est aujourd'hui présentée, avec beaucoup d'incertitudes, (...) ne justifie pas, pendant deux ans, d'avoir créé cette inquiétude. Donc quand il y a une inquiétude et que l'on sait qu'il y a un risque de mobilisation, on essaie (...) de la présenter, d'apaiser et de créer un climat de confiance. Ce qui manque peut-être le plus, c'est la confiance", juge François Hollande.

Selon lui, "il faut d'ici le 5 décembre ouvrir toutes les discussions, mettre tout sur la table". Et d'ajouter:

"On va mettre je ne sais pas combien de personnes dans la rue, on va peut-être bloquer les transports pour une réforme qui interviendrait (...) dans 40 ans? Il n'y a pas de problèmes plus urgents à régler que de savoir ce qu'on va faire dans 40 ans?"
Jules Pecnard